La nouvelle année s’annonce cruciale pour l’éducation catholique. Mgr Maurice Piat rendra en effet publique en mai prochain les propositions de l’Église pour le renouvellement de son engagement dans l’éducation nationale. « Ce que nous allons présenter est le renouveau de l’engagement de l’Église dans l’éducation nationale et le “Nine-Year Schooling” ne bouleversera pas nos propositions. Nous apportons notre originalité à l’intérieur du système », donne en indication le père Jean-Maurice Labour, vicaire général et représentant de l’évêque au BEC. Dans les milieux éducatifs catholiques, les attentes sont nombreuses par rapport à cette nouvelle vision de l’Église.
Ces 30 dernières années, le pays a connu des transformations remarquables dans tous les secteurs de la vie, entraînant par là même des changements notables dans le mode de vie des Mauriciens. L’Église catholique, engagée depuis 150 ans dans le secteur de l’éducation, a voulu réajuster son service aux nouvelles réalités de la société mauricienne et aux nouveaux besoins des enfants fréquentant ses écoles. D’où l’évaluation de son projet éducatif entreprise en 2014. En fait, cet audit constituait un des volets majeurs d’un important projet du diocèse de Port-Louis intitulé « Kleopas », lancé en novembre 2013 et échelonné sur trois ans. L’objectif de ce projet était de réévaluer les services que l’Église rend à la société mauricienne en s’inspirant des valeurs fondamentales issues de l’Évangile. « L’école catholique est le lieu où l’Église rencontre régulièrement, et de manière de plus extensible, la société mauricienne dans toutes ses composantes. C’est pourquoi nous voulons évaluer quel type de présence nous avons dans ce milieu aussi », avait dit Mgr Piat au sujet de la démarche de l’Église d’inclure l’éducation dans cette évaluation.
Les propositions qui seront présentées en mai sont les résultats de cette évaluation. « Il y a une certaine manière de faire de l’Église dans l’éducation qui est appréciée dans la population. Nous avons revisité l’originalité de l’Église dans ce secteur et, dans les propositions que nous allons rendre publiques, nous disons comment continuer à participer à l’éducation nationale avec cette originalité. À partir des remontées de cette évaluation reflétant la réalité et en tenant compte également des grandes orientations de la Congrégation pour l’éducation catholique, nous avons fait des propositions pour l’avenir et qui sont applicables dans l’île Maurice moderne », explique le père Labour au Mauricien.
La réforme du système éducatif annoncée par le gouvernement ne risque-t-elle pas de reléguer au second plan la mise en oeuvre de ces propositions? « Pas du tout. L’Église, qui a une expérience de plus de 100 ans dans l’éducation, a toujours travaillé dans le cadre des propositions du gouvernement. Nous portons avec le gouvernement les mêmes préoccupations pédagogiques et nous apportons notre originalité à l’intérieur du système. Nos propositions ne seront pas bouleversées par les nouvelles dispositions prises par le gouvernement pour appliquer le “Nine-Year Schooling” dans la mesure où elles touchent au groupe d’âge des apprenants et non à l’organisation de la classe », répond le vicaire général.
En ce début d’année, Mgr Piat prend connaissance des rapports des différentes évaluations qui lui ont été soumises en décembre dernier et les analysera avec l’aide de Henri Derroite, professeur de théologie pratique à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, et consultant pour « Kleopas ». D’ailleurs, ce dernier arrive à Maurice lundi prochain et y restera jusqu’au 20 janvier. Il est prévu que l’évêque de Port-Louis communique les propositions en mai, soit à l’occasion de la prochaine célébration de la Fête de la Pentecôte, une des fêtes importantes du calendrier liturgique catholique. Selon nos renseignements, il y a beaucoup d’attentes, tant de la part des parents que des enseignants, car il existe de nombreuses insatisfactions et frustrations concernant la gestion actuelle des écoles. Ces propositions rejoindront-elles ces attentes ? « Attendons les propositions sortir en mai… », se contente de répondre le représentant de l’évêque au BEC.