Elles étaient environ 500 femmes engagées comme “yard cleaners” dans les écoles du gouvernement du pays. Le nouveau contrat a été attribué à deux compagnies qui ont décidé de réduire ce chiffre à presque la moitié. Qui plus est, dans certaines écoles, une seule “yard cleaner” a la tâche de nettoyer la cour. Les maîtres d’école se disent inquiets pour l’environnement d’autant que semble-t-il, il n’y aura plus de nettoyage pendant les vacances.
Le salaire dérisoire qu’elles touchaient – environ Rs 2 000 – a été maintes fois dénoncé. Les “yard cleaners” des écoles primaires se retrouvent aujourd’hui dans une situation d’autant plus compliquée que leur nombre a été réduit. La semaine dernière, les deux nouveaux contracteurs ont convoqué les “yard cleaners” pour un nouveau contrat. Mais pas toutes. Il nous revient qu’une femme par école a été retenue. Un maître d’école mis au courant de la situation ne cache pas son mécontentement. « Je suis très gêné envers l’autre dame, je ne sais quoi lui dire », confie-t-il.
Il nous revient ainsi que la compagnie concernée, en l’occurrence Mauriclean, s’est retrouvé avec des appels de femmes en pleurs qui voulaient conserver leur emploi. (Voir réaction de la directrice de Mauriclean en hors-texte). Sheela, veuve, se dit dépassée par la situation car elle n’a personne pour l’aider. « Je ne vivais que de mon salaire. Comment ferai-je maintenant pour subvenir aux besoins de la famille ? »
Rani, elle, a deux enfants en bas âge. Son époux n’a pas d’emploi régulier, étant maçon. « On m’a proposé un poste pour Rs 2 000. Ce n’est pas suffisant pour tout le travail abattu, mais je n’ai pas le choix ».
Jane Ragoo de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé qui accompagne ces femmes dans leurs démarches, confie pour sa part que la situation est catastrophique. « Nous avons maintes fois dénoncé les conditions de travail de ces dames qui n’ont ni sick leave, ni local leave et encore moins de boni de fin d’année. Mais actuellement est encore plus pire. Seules la moitié d’entre elles ont été appelées pour un nouveau contrat à Rs 2 000. On leur a fait comprendre que c’est à prendre ou à laisser ».
Les “yard cleaners” se réuniront en assemblée aujourd’hui, pour décider de la marche à suivre. Déjà, par le passé, elles avaient émis le souhait être engagées pour le ministère de l’Éducation lui-même, comme c’est le cas pour les “caretakers”. Elles estiment aussi être victimes de discrimination par rapport à leurs collègues masculins qui font le même travail, mais avec de meilleures conditions d’emploi.