Les écoles maternelles ont une nouvelle fois réclamé le paiement de la scolarité aux parents. Si en mars, les enfants avaient quand même eu quelques jours de classe, tel n’a pas été le cas pour le mois d’avril. D’où la colère des parents, qui souhaitent que l’Early Childhood Care and Education Authority (ECCEA) donne une directive à ce sujet. Ils estiment que les autorités sont en train de « se laver les mains avec ce problème » .

Faut-il payer la scolarité quand il n’y a pas eu de classe ? Beaucoup de parents ayant des enfants en maternelle se voient confrontés à cette question en ce moment, après avoir été invités par la direction de l’école, de procéder au paiement habituel. Tel avait également été le cas le mois dernier et les parents avaient accepté de payer. « Le mois dernier, c’était différent. On est entré en confinement à partir du 19 mars et il y avait eu quelques jours de congé. Nous avons accepté de payer la scolarité pour les quelques jours où nos enfants étaient en classe, mais ce mois-ci c’est différent », disent les parents révoltés.

Ce que déplorent également ces derniers, c’est l’attitude du ministère de l’Éducation face à la question. « J’ai entendu un représentant du ministère parler à la radio et il a dit que c’est un engagement que nous avons pris avec l’école et qu’il ne pouvait interférer. Cela veut-il dire que les écoles peuvent faire ce qu’elles veulent ? N’y a-t-il pas une autorité dans ce pays pour mettre de l’ordre dans tout cela. J’ai l’impression qu’on est tout simplement en train de s’en laver les mains », estime un des parents en colère.

Ils disent avoir essayé d’entrer en contact avec l’ECCEA, l’autorité responsable des crèches et écoles maternelles, mais sans succès. « Une autorité responsable doit être en mesure de prendre position, voire donner une directive, lorsqu’il y a un problème. Toutes ces écoles maternelles sont enregistrées auprès de l’ECCEA, et il y a des règles qu’elles doivent respecter pour obtenir leur enregistrement. L’autorité doit être en mesure de se prononcer sur la question, voire donner une directive. »

Nous avons également essayé d’entrer en contact avec une responsable de l’ECCEA, mais elle n’a pas répondu à notre appel. Les parents lancent ainsi un appel à l’autorité d’enquêter sur la question. Rappelons que la Mauritius Revenue Authority avait déjà indiqué que les écoles maternelles pouvaient également faire une demande pour le Wage Assistance Scheme. La condition étant toutefois que les employés contribuent au National Pensions Fund. D’où l’incompréhension des parents. « Est-ce à dire que ces écoles maternelles ne payent pas de NPF pour leurs employés ? Autant de raisons pour que les autorités s’y intéressent. On ne peut se contenter de se dire que c’est un engagement entre l’école et nous. Autrement c’est la loi de la jungle. »

Et pour compliquer davantage la situation, ces parents se voient aussi réclamer le paiement du transport scolaire. Les chauffeurs de van ont laissé entendre qu’ils n’ont rien perçu de la MRA. Les parents souhaitent que celle-ci prévoie une hotline pour rapporter ce genre de situation. « Il ne s’agit pas d’un mois qu’on nous demande de payer, sans que nos enfants ne profitent du service mais de cinq mois, soit toute la durée du confinement jusqu’à la reprise en août. Les autorités doivent réagir au lieu de laisser perdurer des abus de la sorte », déplorent-ils.

Au ministère de l’Éducation, on nous a laissé entendre, encore une fois, que cette question relève d’un engagement privé entre les deux parties et que des solutions doivent être trouvées à leur niveau.