Fini les jeux, sorties et autres loisirs. Les vacances pour les élèves du primaire prennent fin aujourd’hui. À la veille de la rentrée des classes, le stress est déjà au rendez-vous pour les parents et les enseignants, notamment ceux qui sont concernés par les examens du Primary School Achievement Certificate (PSAC). La rentrée du troisième trimestre se fera en effet sous le signe de cet examen pour tous les enfants qui sont actuellement en Grade 6. Qui plus est, les épreuves de sciences et d’histoire/géographie sont prévues les 29 et 30 août.
« Les vacances ont duré un mois, pendant lequel les enfants ont pris des leçons particulières durant les deux premières semaines. Les deux semaines restantes ils ont mis les livres et les révisions de côté. Je me demande dans quel état d’esprit ils vont reprendre les classes ce lundi. Il faudra les remettre en condition d’apprentissage », confie Vijay (nom modifié), qui enseigne dans une école primaire gouvernementale du Nord. Il explique que dans cette école de niveau moyen, sur la trentaine d’élèves de sa classe, il n’y a que dix bons éléments. Ne cachant pas son stress à l’idée de devoir reprendre le syllabus des deux matières dès demain, Vijay concède que le défi qui l’attend est grand, d’autant qu’il ne compte que quelques années dans l’éducation primaire. «C’est aussi la première fois que j’enseigne à des enfants en sixième année », dit-il.
Stressé, Anil (nom modifié) l’est également. Instituteur en Grade 6 dans une école dite star dans le Sud du pays, Anil confie que les changements dans le sillage de l’introduction du nine-year schooling ont apporté leur lot de nouveautés. Toutefois, vu le niveau de ses élèves, il explique qu’il s’attellera à la révision et la pratique des questionnaires dès demain. Anil mettra ses élèves dans les conditions d’examens. Il explique que depuis que le ministère de l’Éducation a annoncé qu’avec la réforme l’admission en Grade 7 dans le secondaire se fera uniquement sur une base régionale. Les parents de ses élèves filles ont ciblé le meilleur collège de la région. Celui-ci, qui était jusqu’à cette année un collège national, ne pourra admettre les nombreuses élèves de la région.
« Tous les parents veulent que leurs filles soient admises dans ce collège. Quand les résultats tomberont et qu’une fille a eu 4 unités dans les core subjects mais n’a pas eu de place dans ce collège, le ministère de l’Éducation ou le Mauritius Examinations Syndicate devront expliquer aux parents pourquoi leur enfant qui a eu une unité, soit entre 75 et 100 points dans chaque matière, n’y a pas été admise », estime Anil. Si pour le moment, dit-il, les parents se focalisent sur la compétition, ces derniers feront part de leurs incompréhension et frustration après la proclamation des résultats. «La sélection pour les meilleurs collèges restera pareille. En fait, avec le PSAC, la compétition n’a pas été éliminée, le seul changement est qu’elle est régionale. »
De son côté, Vinod Seegum, président de la Government Teachers’ Union, qui soutient la réforme, est aussi convaincu que celle-ci n’a pas mis fin à la compétition. Il affirme même qu’à la demande des parents, de nombreux instituteurs ont donné des leçons privées de sciences et d’histoire/-géographie pendant toute la durée des dernières vacances. Pour sa part, Vijay, explique que « si la moitié de ses élèves ne sont pas préoccupés par les enjeux du PSAC, c’est parce que leurs parents ne s’impliquent pas dans leur éducation. » Par ailleurs, Anil est d’avis que le gouvernement devrait songer à changer le nom des collèges nationaux comme le Queen Elizabeth et Royal, lesquels seront appelés à admettre des élèves mixtes. « Nous ne sommes plus une colonie britannique », avance Anil.
Vinod Seegum trouve que les prochains examens de sciences et d’histoire/géographie allégeront le fardeau des élèves. Ces derniers pourront, dit-il, mieux se préparer pour les examens d’octobre. S’il est d’avis qu’avec le recrutement de nouveaux holistic et support teachers respectivement, soit 500 au total pour les premiers et 240 pour les instituteurs de rattrapage, les changements positifs de la réforme seront tangibles à la longue, en revanche, le syndicaliste ne cache pas son scepticisme quant à la sélection pour une place en Grade 7. Pour ne pas changer, les collèges régionaux stars seront les plus demandés, dit-il.