Qui a dit que Maurice était un petit caillou dans l’océan ? Le nouvel atlas que le ministère de l’Éducation distribue dans les classes de cinquième vient démontrer au contraire que Maurice est un État-océan doté d’un domaine marin qui le rend beaucoup plus important qu’il n’y paraît, sur le plan spatial, certes, mais aussi sur le plan du transport, de l’économie et de la géostratégie. Réalisé par Abdool Cader Kalla, ce Primary School Atlas of Mauritius propose plus de commentaires et d’explications que les précédents à côté des nombreuses cartes.
Les élèves de fin de primaire (standard IV, V, VI) vont avoir désormais un atlas de Maurice conçu rien que pour eux. Auparavant, celui dont ils disposaient était également destiné aux classes du début du secondaire et donc plus volumineux, contenant des données plus difficiles à comprendre pour eux. Édité par Osman Publishing, ce nouvel atlas présente un format plus petit (21 X 29,7 cm) et donc plus facile à loger dans le cartable.
La grande nouveauté par rapport aux atlas de Maurice édités précédemment pour le milieu scolaire est de véritablement présenter Maurice comme un État-océan, ne serait-ce déjà que par sa couverture qui indique clairement le vaste espace marin mauricien grâce à ses différentes îles sur une image satellite de l’ensemble de l’océan Indien. Dans les pages intérieures, le concept d’État-océan fait l’objet d’une page entière et celui-ci est suggéré à différentes reprises dans d’autres rubriques. Si ses terres émergées font de Maurice un des plus petits pays au monde, son domaine marin le situe à une place honorable et constitue une valeur économique et géostratégique qui ne mérite d’être ni négligée ni bradée à quelque industrie thonnière ou marine militaire étrangère.
D’une manière générale, cet atlas pour les petits se caractérise par de nombreux commentaires, qui faciliteront la compréhension des cartes ou les compléteront par des précisions sur l’histoire et la géographie. Les jeunes lecteurs trouveront aussi au début une chronologie qui donne les principaux repères sur l’histoire de Maurice et son contexte depuis les premiers repérages par des navigateurs arabes (et même leur premier accostage sur la côte ouest de l’Inde), jusqu’en 2002 quand Rodrigues a obtenu son autonomie administrative.
Au centre de la planisphère
Maurice et Rodrigues sont systématiquement placées sur un pied d’égalité en vis-à-vis dans chaque rubrique de l’ouvrage qu’il s’agisse des cartes climatiques, géophysiques ou administratives, des ressources en eau, de l’agriculture, de la pêche, ou encore de l’urbanisation et de l’occupation des terres. Les îles éparses, d’Agalega aux Chagos en passant par Saint-Brandon, sont cartographiées et présentées en photo à côté aussi d’une mention sur Tromelin, ses esclaves abandonnés au péril de leur vie, ainsi que le litige dont elle fait l’objet avec la France et l’accord de cogestion de 2010.
Plusieurs chapitres se penchent sur la dégradation de l’environnement que des cartes illustrent à travers différents critères tels que le réchauffement climatique ou la déforestation. L’auteur a aussi donné quelques exemples illustrés par des photographies, de notre patrimoine naturel avec les espèces endémiques les plus emblématiques, ainsi que du côté du patrimoine historique, nos deux sites classés Unesco.
Compte tenu de la diversité des cartes présentes et de la richesse des explications qui les accompagne, l’outil est idéal pour les cartographes en herbe qui apprendront non seulement à lire les cartes et imaginer à quoi elles correspondent dans la réalité, mais aussi à les dessiner eux-mêmes à main levée ! Nos petits apprentis resteront cependant peut-être un peu sur leur faim concernant les îles de la région, puisque seulement deux pages sont consacrées à Madagascar, La Réunion et les Seychelles.
En revanche, ils pourront faire le tour du monde, continent par continent, et rêveront de fraîcheur en Antarctique grâce à une page entièrement dédiée à ce lieu dénué de pollution et vierge de toute exploitation (mis à part une activité touristique confidentielle), où des pays du monde entier manifestent leur présence à travers leurs bases scientifiques…