Dans le contexte d’un programme de rénovation et de réhabilitation des bâtiments scolaires, le ministère de l’Éducation procède à un relevé détaillé des locaux au primaire lui appartenant. Le hic, c’est que les autorités demandent aux chefs d’établissements de fournir, au plus tard vendredi prochain, certaines informations ne relevant nullement de leurs compétences. On leur demande ainsi de donner la superficie de chaque étage pour tous les bâtiments se trouvant dans la cour de l’école (y compris le bloc des toilettes et les cantines). Ils doivent également fournir une description de chaque bâtiment en spécifiant même… les matériaux de construction !
Les Head Masters ne refusent pas de collaborer à cet inventaire aussi longtemps que les informations recherchées par le ministère de l’Éducation cadrent avec leurs fonctions de pédagogues et avec l’administration quotidienne de l’école. Leur demander de donner le nombre exact de salles de classes et de bâtiments ne les dérangent nullement, car ce sont là des données essentielles et connues de tous. Là où ils ne sont en revanche pas d’accord, c’est lorsque le ministère leur demande de fournir des détails techniques relevant des compétences d’un professionnel du bâtiment.
On comprend la colère des chefs d’établissements du primaire lorsqu’on parcourt la circulaire du ministère envoyée aux écoles indiquant les informations devant être pourvues afin de constituer une banque de données (voir encadré). Ils ont raison de se poser des questions sur l’absence des techniciens du ministère des Infrastructures publiques, qui sont plus à même d’entreprendre cette tâche de par leur formation. « Pourquoi le ministère de l’Éducation ne fait-il pas appel aux officiers du ministère des Infrastructures publiques, qui ont les compétences et le savoir-faire pour ce genre de travail ? » se demande Moonsamy Sunnasee, président du syndicat des Head Masters des écoles du gouvernement. « Les officiers du MIP seraient-ils trop occupés sur les gros chantiers pour ignorer cet inventaire ? » poursuit-il.
Les chefs d’établissements doivent aussi citer tous les travaux de rénovation et de construction effectués durant ces 12 derniers mois, qui plus est en n’omettant aucun détail. A titre d’exemple, si des “naco frames” ont été remplacés par des “metal window frames”, les responsables des écoles doivent le préciser.
Et ce n’est pas tout. D’après la circulaire du ministère, le chef d’établissement doit également énumérer les travaux de maintenance ou de rénovation qui seraient nécessaires en donnant l’ordre de priorités. « Mention whether urgent, very urgent or most urgent giving justifications in each case », souligne le ministère. « Nous ne sommes pas ingénieurs du bâtiment pour pouvoir juger du caractère urgent de chaque type de réparation. Certaines urgences sont visibles à l’oeil nu, mais il y a aussi des problèmes d’infrastructures qui méritent l’oeil du professionnel du bâtiment pour juger de leur gravité », souligne M. Sunassee.
Les chefs d’établissements ont été informés de cette collecte d’informations le 11 septembre et ont eu un délai de 11 jours pour soumettre les données. La Mauritius Head Masters Association a demandé à ses membres de seulement fournir les informations disponibles et qui sont à portée de main. « C’est au MPI de faire ce travail », insiste le président du syndicat. Les Head Masters sont d’autant plus indignés par cette nouvelle requête du ministère qu’ils sont déjà submergés de tâches administratives très prenantes qui les empêchent de remplir leur rôle de pédagogue pendant la journée et d’encadrer les nouveaux enseignants.