Le ministère de l’Éducation a relancé le système de distribution des repas chauds dans les écoles ZEP à travers l’île, mesure qui entrera en vigueur au deuxième trimestre. Toutefois, des parents, ayant pris connaissance du menu élaboré, ne cachent pas leur colère. Ils dénoncent la qualité des repas proposés et regrettent le manque de consultations à ce sujet.
« Ce n’est pas parce que nous sommes pauvres qu’il faut nous donner n’importe quoi à manger. » Tel est le cri de révolte d’un parent, qui a pris hier connaissance du menu proposé aux écoles ZEP. Il s’est rendu à l’école de son fils, mais affirme que le maître d’école n’a pas été en mesure de lui donner plus de détails à ce sujet. « Il m’a simplement dit que le repas sera préparé par des restaurants, sous contrat, mais il ne pouvait me donner de garantie quant à la qualité. »
Ce père de famille, dont le fils fréquente une école de la région des basses Plaines-Wilhems, dit avoir réagi après avoir obtenu le menu d’un ami qui, lui, habite à Port-Louis. Il dit avoir été « choqué » en prenant connaissance des repas proposés aux enfants. Le menu de la semaine, tel que publié dans l’appel d’offres pour ce service, est composé essentiellement de pain et de légumes (voir hors texte), d’achards et de vindaye.
Ce parent se demande ainsi si le ministère a pris en considération que le menu comprend trois repas épicés et si l’estomac des enfants est adapté à ce type de nourriture. Qui plus est, il regrette l’absence de consultations avec les parents avant l’élaboration de cette liste. « On aurait dû faire un “survey” pour voir si tous les enfants concernés peuvent consommer ce qui est proposé. Il y a des enfants qui sont allergiques à certains légumes. Sur la liste, on ne précise pas d’ailleurs quels seront les légumes utilisés. Si c’est ainsi, autant continuer avec le pain, le beurre et le fromage. »
D’autre part, des parents des écoles ZEP de Port-Louis ont adressé une lettre au ministère de l’Éducation pour faire part de leur mécontentement. Eux aussi déplorent le manque de communication à ce sujet. Ils s’interrogent même sur l’appellation « hot meals » alors qu’il ne s’agit que de pains. De plus, ces parents ne manquent pas de souligner certaines incohérences du menu : « Demander au traiteur de faire du gratin sans lait, c’est comme lui demander de faire un rougail sans pommes d’amour. Imaginez à quel point le pain sera détrempé avec une telle préparation ! »
Ces parents de Port-Louis disent avoir également cherché l’avis d’un diététicien professionnel, qui a estimé qu’un tel menu n’est pas approprié pour les enfants. Par ailleurs, ils se posent des questions sur le respect des spécifications de l’appel d’offres. « Qui aura la responsabilité de vérifier que le burger de légume n’a pas été frit ? Qui s’assurera que la préparation respectera les exigences des végétariens ? »
D’autres parents se demandent encore pourquoi il a fallu imposer un menu végétarien à tous les enfants, alors que tous ne le sont pas nécessairement. « On aurait pu faire un “survey” pour voir combien d’enfants sont végétariens ou pas. » Au niveau du ministère de l’Éducation, on indique avoir pris connaissance des griefs des parents sur le nouveau menu. « Nous attendons la rentrée pour avoir une discussion avec les parents et leur expliquer les raisons derrière ce menu », avance une source.