Lost land of the dodo est une véritable mine d’informations pour toute personne souhaitant s’instruire sur l’histoire naturelle de Maurice. L’écriture de ce livre a commencé en 1999 pour Anthony Cheke. Julian Hume s’est associé au projet, notamment pour l’illustration, et l’ouvrage a été publié en 2008*. Première compilation sur les espèces endémiques de Maurice et de Rodrigues, il fait figure de bible pour de nombreux biologistes et écologues qui travaillent sur les écosystèmes des îles océaniques. Écrit dans un langage vivant et accessible, il montre, entre autres, que tout n’est pas tout à fait perdu dans cette histoire tragique de l’extinction des espèces…
La référence au dodo en titre relève de l’accroche et se révèle très vite comme l’arbre qui cache la forêt. C’est en ce sens que cet ouvrage volumineux s’intéresse aux trois îles des Mascareignes et qu’il instruit sur les écosystèmes endémiques de nos îles dans leur ensemble. Il évoque les espèces endémiques animales et leur habitat, en faisant notamment le point sur celles ayant disparu et celles ayant résisté – pour ne pas dire survécu – à l’implantation humaine et aux transformations qu’elle a amené dans la géographie et l’écologie du pays. Sans bien sûr prétendre à l’exhaustivité, Lost land of the dodo offre la première compilation jamais réalisée sur les espèces vivantes de Maurice et de Rodrigues. Concernant La Réunion, le livre fait notamment référence à une démarche similaire qui avait d’ores et déjà été réalisée dans le passé par Jean-Michel Probst et Pierre Brial.
Aussi s’agit-il avant tout pour les auteurs d’actualiser les connaissances sur l’existence et très souvent la disparition des espèces endémiques ou indigènes, et de commenter les différentes théories qui ont animé le monde scientifique parallèlement à la mise en place des programmes de conservation et de restauration des espèces. Anthony Cheke fait autorité en tant que spécialiste des Mascareignes en ce sens qu’il a su croiser différentes formes de savoirs. Il s’est particulièrement intéressé à la chronologie et à l’histoire du pays, scrutant les phénomènes d’extinction sous la pression humaine avec des transformations irréversibles dans les écosystèmes. Aussi consacre-t-il une grande partie de ses textes à la cohabitation avec les espèces introduites, volontairement ou non, et qui sont parfois considérées comme des fléaux.