Varangue sur Morne, qui a célébré ses 20 ans d’existence le 1er août, abrite depuis le 9 décembre 2006 l’écomusée Touche du Bois. Incursion dans cet univers qui fait la part belle au bois avec le responsable Stéphane Hitié qui nous révèle ses coups de coeur…
L’écomusée Touche du Bois se situe non loin du restaurant Varangue sur Monde. C’est à José Hitié, Managing Director, que revient tout le mérite. Il a ainsi réalisé sa vision de ce que deviendrait ce petit coin paradisiaque du Sud. « Le musée a été créé pour garder intacte la passion de mon père pour le bois. Il s’est inspiré de tous les bois qui l’entourent, dont le bois son, le bois sacré, le bois guérison », explique son responsable Stéphane Hitié
Cet endroit au cachet unique est entouré par la nature et offre une vue incomparable aux visiteurs qui y font halte. Il est aussi une ode à l’artisan à travers les métiers ayant trait au bois qui y sont présentés.
Touche du Bois se veut à la fois écologique et instructif… Un petit côté enchanteur manque cependant pour égayer l’atmosphère. Des conteurs, par exemple, pourraient apporter cette petite touche au cours de différentes étapes de la visite, dont celle du rouet qui nous rappelle les contes où les princesses se piquent avec cet instrument à roue…
La figurine de la grand-mère qui brode pourrait aussi être un prélude aux histoires autour des tapisseries d’Aubusson d’autrefois ou des broderies et des crochets dont les mamies en avaient le secret. Que dire de cette machine à sabots en bois et dont on aimerait entendre le cliquetis et découvrir l’origine. À Stéphane Hitié de justement nous raconter une anecdote : « Les Hollandais avaient inventé cette machine pour la fabrication de sabots de différents pays. Mais un jour les employés, mécontents de leurs conditions de travail, ont décidé de tout saboter d’où le nom de cet instrument. »
En créant Touche du Bois, poursuit le responsable, « mon père a voulu mettre en avant les artisans, tout en gardant un cachet unique ». Stéphane Hitié cite ainsi l’effigie de Ti Frer qui a été façonnée dans un bois rare. « C’est aussi un musée qui rend hommage à nos artistes musiciens et chanteurs. » Ce lieu montre ainsi la créativité de l’homme qui avec un bout de bois est parvenu à faire des instruments de musique. Comme le disait si bien Claude Levi-Strauss, anthropologue et ethnologue français, « la musique est un langage qui réunit les caractères contradictoires d’être à la fois intelligible et intraduisible. »
L’on ne peut par ailleurs pas passer à côté du parfum des bois dès que l’on franchit les portes de l’écomusée. Des bois sous toutes les formes et de différentes variétés y sont exposés. Parmi, le « bois son » qui chante, résonne et grince sous l’action du vent. Pas étonnant qu’il soit souvent utilisé dans la fabrication d’instruments de musique.
Quant au « bois sacré », il permettait de faire de bons feux de camp. Au fil de la visite, l’on apprend bien des choses sur le bois qui a été de tout temps utilisé par l’humanité. Le « bois guérison », par exemple, est très connu dans la médecine traditionnelle qui s’en sert pour venir à bout de pas mal de bobos, sous forme de tisanes ou d’infusions à la manière de nos grands-mères. Stéphane Hitié précise que l’écomusée abrite 460 espèces de bois médicinales.