Le dernier rapport trimestriel de l’Institute of Chartered Accountants in England and Wales (ICAEW), consacré à la performance économique de l’Afrique subsaharienne, prévoit un taux de croissance de 3,8% pour Maurice cette année. Toutefois, estime l’ICAEW, une telle performance est sujette à la réussite des mesures pour diversifier l’économie du pays hors des secteurs historiquement importants que sont le sucre et le tourisme.
Selon le rapport de l’ICAEW, qui prend appui sur les recherches menées par la société de conseil Oxford Economics, Maurice demeure l’un des « top performers » en Afrique, et ce en considérant le paysage politique et économique. « The island is still highly dependent on developments in Europe », écrit l’ICAEW, qui préconise la poursuite de la politique de diversification économique. Passant en revue la situation dans les autres économies d’Afrique australe, l’ICAEW dit s’attendre à un taux de croissance record de 4,1 % au Botswana avec une reprise du marché international du diamant. L’Afrique du Sud et l’Angola sont, eux, en train de lutter face à la chute des prix des matières premières et la sécheresse qui a sévi récemment. L’ICAEW anticipe une croissance de 1,2 % pour les deux pays.
S’agissant de l’Afrique de l’est, l’institut s’attend à ce que la croissance économique demeure forte, le développement des infrastructures apportant la stimulation industrielle nécessaire à la région alors que l’expansion du secteur des services constituerait le principal moteur de cette croissance. L’ICAEW entrevoit une croissance de 6,9 % pour la Tanzanie alors que l’Ouganda pourrait enregistrer un taux de 6,8 %, contre 6,7 % à l’Éthiopie, 6,6 % au Rwanda et 6,4 % au Kenya. Le Rwanda et l’Ouganda ont assoupli leur politique monétaire au cours du premier trimestre de 2017 alors que l’Éthiopie a contrebalancé les effets de la sécheresse par des mesures de relance budgétaire.
Parlant des perspectives pour l’Afrique de l’Ouest, l’ICAEW indique que les deux pays à plus fort potentiel, en l’occurrence le Sénégal et la Côte d’Ivoire, devraient enregistrer des taux de croissance de 6,7 % et 7,7 % respectivement. Il y a, depuis quelques mois, des tentatives de rapprochement économique et de développement des contacts d’affaires entre Maurice et les deux pays précités ainsi que le Ghana, notamment à travers des zones économiques spéciales. L’ICAEW observe que la performance économique du Ghana a été relativement faible en 2016 (3,6 %), surtout en raison de la baisse de la production pétrolière. Pour cette année, il estime que le taux de croissance passerait à 6,3 %. Cependant, ajoute le rapport, il y a toujours la crainte que l’objectif de déficit budgétaire de 6,5 % du Produit intérieur brut (PIB) soit dépassé. L’inquiétude est aussi de mise quant à une hausse du niveau de la dette et des coûts des emprunts locaux.
Par ailleurs, le rapport de l’ICAEW évoque les perspectives au Nigeria, autre puissance économique en Afrique subsaharienne. L’économie du pays a été en berne en 2016 avec une contraction d’environ 1,5 % attribuable aux effets négatifs de la baisse des prix des produits pétroliers. La situation devrait s’améliorer cette année, une croissance de 1,5 % étant anticipée. Notons que l’ICAEW est une organisation leader chargée de la formation et de l’accompagnement de plus de 147 000 professionnels comptables à travers le monde, dont Maurice.