Les États-Unis se lancent dans une opération de charme auprès des investisseurs mauriciens en vue de les inciter à explorer les opportunités d’affaires qui existent dans le pays et à prendre avantage d’un vaste marché domestique d’environ 350 millions de consommateurs, et qui pourrait atteindre les 750 millions par le biais des accords bilatéraux ou régionaux signés par les autorités américaines. Un atelier de sensibilisation a été organisé ce matin à l’hôtel Labourdonnais pour démontrer les tendances à l’investissement et les opportunités sectorielles existant aux États-Unis et les incitations offertes aux investisseurs.
S’adressant à un parterre de dirigeants d’organisations des secteurs public et privé, de banquiers, de gestionnaires de fonds, de représentants du secteur du Global business et d’hommes d’affaires, l’ambassadrice des États-Unis à Maurice, Shari Villarosa, a déclaré que, selon un relevé, 16 entreprises ou groupes mauriciens ont consenti des investissements directs dans 28 pays se trouvant principalement en Afrique et au sud-est asiatique. « Pourquoi pas les États-Unis ? Est-ce par manque d’informations sur les opportunités d’investissements ? » s’est-elle interrogée. D’où, dit-elle, l’initiative prise par l’ambassade américaine de combler cette lacune en faisant venir le directeur exécutif par intérim du programme ‘Select USA’ mis en place par l’US Department of Commerce.
Shari Villarosa a rappelé que Maurice et les États-Unis ont signé en 2006 un accord-cadre pour la promotion des échanges commerciaux et des investissements, et qu’il a été observé que c’est par le truchement de l’African Growth and Opportunity act (AGOA) que les exportations mauriciennes se sont développées. Il s’agit maintenant d’étudier la manière d’encourager les entreprises mauriciennes à explorer les opportunités d’investissements aux États-Unis. « It can be a new way at looking at things », a déclaré Shari Villarosa. L’ambassade des États-Unis à Maurice, a-t-elle annoncé, est prête à apporter le soutien nécessaire aux entrepreneurs intéressés.
Les États-Unis, dit-elle, représente un « prosperous and open consumer market » de plus de 300 millions d’habitants et qui s’élargit, si l’on tient compte des divers accords de libre échange signés par le gouvernement américain, accords touchant quelque 415 millions de consommateurs additionnels dans d’autres pays. Shari Villarosa a laissé entendre que les discussions entre Maurice et les États-Unis concernant un accord formel sur la promotion de l’investissement progressent et que, du côté américain, on garde espoir qu’il sera signé dans un proche avenir.
L’ambassadrice des États-Unis a par ailleurs invité les entrepreneurs mauriciens à participer au Sommet de l’Investissement, qui se tiendra à Washington fin octobre–début novembre.
Les États-Unis, a déclaré Aaron Brickman au début de son exposé, ont toujours pratiqué une politique d’ouverture en matière d’investissement. Les autorités américaines, a-t-il expliqué, ont mis tout en oeuvre pour que le pays puisse concurrencer d’autres nations quant il s’agit d’attirer des investissements directs étrangers (IDE). Ces investissements ont énormément contribué au progrès économique du pays, soutient Aaron Brickman. L’année dernière, le flux d’IDE attiré par les États-Unis s’est élevé à 167 milliards de dollars et il est estimé que le « stock » d’investissements étrangers dans le pays a atteint 2 500 milliards de dollars. Les filiales des compagnies étrangères basées aux États-Unis ont fait des investissements de développement estimés à près de 149 milliards en 2010. L’industrie manufacturière, les services financiers et le commerce sont parmi les principaux secteurs ayant bénéficié des investissements directs étrangers.
« Les États-Unis offrent le meilleur retour sur l’investissement ajusté en fonction des risques pris par l’investisseur. Les meilleures garanties sont offertes à l’investisseur en termes de qualité, de transparence, de sécurité et de prévisibilité », déclare Aaron Brickman au Mauricien. Selon lui, les opportunités d’investissements existent dans plusieurs secteurs. Les services informatiques ou d’externalisation pourraient, selon lui, intéresser les entrepreneurs locaux.