Des cadres de la Banque mondiale animaient un point de presse hier après-midi au Médine Mews à Port-Louis. Ils ont fait état « du bon niveau » de gouvernance d’entreprise à Maurice.
Dix ans après un premier rapport, la Banque mondiale s’apprête à livrer en fin de semaine un deuxième ROSC — Corporate Governance Report on the Observance of Standards and Codes — sur la situation à Maurice. Alexander Berg, (Program Manager Corporate Governance Group, Global Capital Markets Development Department) évoquait hier après-midi certains points positifs des Standards and Codes mis en place à Maurice. Et de féliciter l’initiative de « rigidifier le cadre légal » et la création d’instances de régulation tel le National Committee on Competition. Gary Fine (Senior Private Sector Development Specialist – Africa Finance and Private Sector, Development Department) et Vasish Ramkhalawon (Operations Officer pour l’antenne mauricienne) étaient également présents à cette brève présentation à la presse dans la capitale.
Par ailleurs, la méthodologie employée par la Banque mondiale implique un exercice de benchmarking (NdlR : comparaison) avec les pays membres de l’OECD — Organisation for Economic Co-operation and Development — et particulièrement les pays du Sud-Est asiatique desquels le modèle mauricien se rapprocherait.
Alexander Berg devait également résumer les recommandations du rapport. Et de noter entre autres mesures : 1) une revue du Code on Corporate Governance, car « même si les pratiques sont bonnes, il faut sans cesse se renouveler ; 2) développer un système plus rigoureux car « Today’s framework requires that the company justifies motives only when it does not comply. A questionnaire should be designed to cater for both “not comply and explain” and “comply and explain” frameworks » ; et une clarification des procédés de nomination concernant des boards : pour les sociétés listées comme pour les para-étatiques.
La question des para-étatiques a été longuement évoquée lors du point de presse. Selon M. Berg, « il est important que la gestion des para-étatiques tende vers le modèle des Commercial Agencies. It is not a good idea to appoint political people as board members because, precisely, such profiles tend to act too political. We should be careful about that ». Et d’ajouter : « Concernant les para-étatiques, la presse doit s’assurer que les informations pertinentes soient aussi accessibles comme c’est le cas pour les sociétés listées. »
Mais qu’en est-il de la capacity of enforcement dudit code ? M. Berg concède que s’il est vrai que Maurice aura su développer son cadre légal pour assurer les meilleures pratiques commerciales, il est d’autant plus vrai que notre système témoigne de « très peu de poursuites en cour ». Phénomène que l’expert tente d’attribuer à une culture fort « peu litigieuse ». Et de nuancer que le cadre légal, pour ce qui est du litigation, est « très difficile à benchmark ». Mais au-delà des cours de justice, « très peu d’exemples d’enforcement du secteur public sont notés », souligne-t-il. Le rapport suggère que plus d’efforts devraient être entrepris en ce sens.
Ce rapport devrait être présenté en fin de semaine.