Le bilan 2015 de la situation de l’emploi à Maurice, publié ce matin par Statistics Mauritius, confirme une progression du nombre de chômeurs, passant de 44 800 en 2014 à 46 300 en 2015. Le taux de chômage, qui était tombé à 7,8% en 2014, est remonté à 7,9% en 2015, et ce en dépit de la création nette de 7 400 emplois. Statistics Mauritius indique que le taux de chômage chez les jeunes (16 à 24 ans) s’élevait l’année dernière à 26,3% et que le secteur tertiaire était le plus gros employeur avec 67% des emplois totaux dans le pays.
Selon le bilan 2015 de Statistics Mauritius, le taux de chômage chez les femmes (11,6%) était beaucoup plus élevé que chez les hommes (5,5%) en 2015. Le nombre de sans-emploi était de 19 500 hommes et 26 800 femmes. Sur ses 46 300 sans emploi, 22 900 ne possédaient pas le Cambridge School Certificate (SC) alors que 13% d’entre eux n’avaient pas réussi aux examens menant au Certificat of Primary Education (CPE). Le pourcentage de chômeurs détenant le SC était de 15% alors que dans le cas de ceux possédant le HSC, le taux était de 16%. « Unemployed women were generally more qualified than their male counterparts », fait ressortir Statistics Mauritius. Environ 34% des femmes au chômage étaient en possession d’un SC ou d’un HSC, contre 28% au niveau des hommes. En moyenne, les femmes sont au chômage cinq mois de plus que les hommes. « Women remained unemployed for 11.3 months compared to 7.7 months for men », rapporte Statistics Mauritius.
D’autre part, la situation du chômage chez les moins de 25 ans est toujours préoccupante. Un total de 21 200 sans emploi est noté dans cette catégorie. Le taux de chômage de l’ordre de 26% chez les jeunes est le même que celui prévalant en 2005. Et concernant les personnes de 50 ans ou plus, le taux de chômage était de 2,1% en 2015.
Statistics Mauritius relève dans son rapport quelques éléments importants, soulignant d’abord qu’environ 59% des chômeurs étaient célibataires. « Most of the unemployed men, however, were single (76%) whereas most of the unemployed women were ever-married (53%) », précise-t-on. Il est également estimé que deux chômeurs sur trois ont travaillé dans le passé. Quelque 68% sans emploi ont une expérience du travail dans le secteur tertiaire, en particulier dans le commerce, l’hôtellerie et la restauration. On constate également que 29% d’entre eux ont aussi été en service dans les secteurs manufacturier et de la construction, entre autres. Près de 28% des chômeurs ont perdu leur emploi après avoir complété leur contrat de travail ou leur emploi temporaire. Mais on observe également que 24% des chômeurs ont quitté leur travail « due to non-satisfaction with job » alors que 10% ont cessé de travailler en raison de leurs responsabilités familiales ou après leur mariage. Par ailleurs, 22% des chômeurs ont été victimes de licenciement.
La grande majorité (94%) des chômeurs était disposée à accepter le « full time employment » alors que le taux de préférence pour un emploi temporaire était de 64%. Statistics Mauritius indique également que la principale source de revenus pour les sans-emploi en vue de satisfaire leurs besoins journaliers était les parents (57%) et, ensuite, le conjoint (26%).
En ce qui concerne les personnes en emploi, les données officielles font voir que le nombre total des emplois dans le pays se chiffrait à 538 300 en 2015, contre 530 900 en 2014, soit une création nette de 7 400 emplois (emplois nouveaux moins les emplois perdus). Une personne en emploi travaillait en moyenne 38,8 heures par semaine, les revenus moyens mensuels atteignant Rs 19 100. « The average monthly income for an employer was Rs 27,000 against Rs 11,200 for an own-account worker while that for an employee stood at Rs 20,200 », indique le rapport de Statistics Mauritius.
Le secteur des services (commerce, tourisme, transport et finances, entre autres) employait l’année dernière environ 67% des travailleurs du pays, contre 25% au secteur secondaire (industrie, électricité, construction, etc) et 8% au secteur primaire (agriculture et pêche plus particulièrement). Les revenus moyens dans le secteur tertiaire étaient de Rs 21 500, contre Rs 15 000 pour le secteur secondaire et Rs 11 100 pour le secteur primaire.