Maurice possède une zone économique exclusive (ZEE) d’environ 1 960 000 kilomètres carrés et cogère avec la République des Seychelles environ 396 000 kilomètres carrés de son plateau continental. Comment exploiter au mieux les ressources que contient ce grand espace océanique ? La question sera étudiée lors d’un symposium national qu’organisera conjointement le Board of Investment (BoI) et le Bureau du Premier ministre les 22 et 23 juillet prochains au centre de conférence Swami Vivekananda, Domaine les Pailles. Ce symposium va déboucher sur l’élaboration d’une feuille de route pour le développement de l’économie océanique aussi connue comme l’économie bleue.
Les autorités mauriciennes pensent qu’il y a possibilité de faire progresser la diversification économique du pays en stimulant la croissance des activités existantes axées sur les ressources océaniques (pêche, activités de transformation, services portuaires, fret, activités nautiques tournées vers l’industrie touristique) tout en développant de nouveaux secteurs d’activités. « Le développement de l’économie bleue va, selon les autorités, contribuer à l’élargissement de l’espace économique pour les investisseurs, les entreprises, les travailleurs et l’ensemble de la population », estime le BoI. À travers le symposium national, les autorités souhaitent créer une prise de conscience générale sur le gros potentiel de l’économie de l’océan en tant que secteur générateur de croissance et d’emploi.
Le symposium, souligne-t-on, vise à encourager une large participation publique dans le processus menant à l’adoption d’une feuille de route sur l’économie océanique et permettra d’évaluer le potentiel commercial de des ressources vivantes et non vivantes. Les participants discuteront de la stratégie à suivre pour que ce secteur devienne un des principaux piliers de l’économie mauricienne dans les décennies à venir. Les discussions porteront sur les investissements à consentir pour le développement des sous-secteurs de l’économie bleue, des défis à relever et des obstacles à surmonter pour une exploitation maximale du potentiel des activités dans la zone économique exclusive de Maurice, tout en veillant à la durabilité des ressources.
Le symposium, qui sera officiellement ouvert par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, sera présidé par l’ambassadeur de Maurice aux Nations unies, Milan Meetarbhan. La première séance sera marquée, entre autres, par des interventions du Dr Juergen Voegele, directeur de la division des services agricoles et de l’environnement à la Banque mondiale — il parlera de sa « Vision for the Ocean Economy in Mauritius » —, du directeur du BoI, Ken Poonoosamy, sur le processus menant à la préparation d’une feuille de route. Les organisateurs ont fait appel à des personnalités étrangères et locales pour animer les diverses sessions de travail.
Des présentations sont attendues de Sunil Shastri de l’International Centre for Parliamentary Studies, de Paul Holthus, président et CEO fondateur du World Ocean Council, et du Dr K. Morrissey de l’Université of Liverpool, du Dr C. Saurel de l’Institute of Marine Research du Portugal, d’Evert Liewes, Managing Director de la Ferme Marine de Mahébourg, du Dr R. Mukhopadhyay, Chief Scientist au National Institute of Oceanography, du Dr Tatsuo Nozaki de l’Institute for Research on Earth Evolution (IFREE) & Seafloor Resources Research Project, du Dr Mitrasen Bhikajee, directeur de l’Intergovernmental Oceanographic Commission de l’UNESCO
On retient, par ailleurs, l’inclusion dans le programme du symposium de plusieurs séances de travail en groupe consacrées à des thèmes spécifiques ainsi qu’une importante session axée sur les piliers à mettre en place (cadre légal, institutions, initiatives financières, rôle de la société civile, entre autres), pour une gouvernance effective et un développement durable des activités océaniques que le pays veut créer.