La bataille des chiffres au sujet de la croissance économique de 2014 n’aura pas lieu. La dernière édition de MCB Focus, du MCB Group, publiée à la mi-journée, prévoit un taux de 3,6 %, soit sensiblement le même que les 3,7 % des National Accounts de Statistics Mauritius ou encore les prévisions du Fonds monétaire international dans le cadre des Article IV Consultations du début d’année. Toutefois, la cellule de recherches du MCB Group, sous la supervision de Gilbert Gnany, Chief Strategy Officer, met en exergue les goulots d’étranglement susceptibles de se dresser en handicap majeur sur la voie d’un redressement économique et souhaite voir les autorités donner un véritable coup de fouet au National Agenda for Reform.
Sur le plan sectoriel, la vigilance est de mise par rapport à l’industrie du bâtiment et au tourisme, subissant encore les effets de la crise économique internationale. Le problème du chômage, même si le taux stagne à 8 %, préoccupe le MCB Group vu le poids du chômage des jeunes et des femmes et les faibles perspectives d’une reprise dans la création d’emplois.
Même si le taux de croissance de 3,6 % est maintenu, le MCB Group fait état d’appréhensions, car « some influential downside risks continue to dominate the domestic economic outlooks ». Ainsi, ces risques pourraient se confirmer si « the quality of the economic reform programme becomes marked by further inadequacies, which might take the form of a narrowing of the scope of targeted initiatives », avec notamment des délais dans la mise à execution des projets inscrits dans le Public Sector Investment Programme ou d’autres engagements.
Tout en se félicitant des initiatives prises au niveau du Fast Track Committee pour doper les investissements et la réalisation des projets, le MCB Group ne croit pas que les effets se feront sentir en 2014. « The impact of such ventures on economic growth is expected be only limited in 2014. In fact, the effect would depend on the nature and configuration of underlying investments as well as the stretch and timing of their materialisation, with factors such as the technical specificities of projects and the availability of financing sources to weigh in the balance », soutient MCB Focus N° 57.
Au chapitre des problèmes les plus importants qui demandent à être remédiés dans l’immédiat, le MCB Group souligne que « the country’s inherent vulnerabilty to external shocks has been amplified by the persistence of entrenched bottlenecks on various fronts ». Parmi, l’on retrouve les problèmes affectant la productivité dans le secteur portuaire, la stagnation dans le secteur des services publics et celui des télécoms. Les autres problèmes identifiés dans cette édition de MCB Focus concernent le secteur public et le service delivery, le fonctionnement du marché du travail, les Specific tenets du Business Facilitation Framework ou encore l’absence d’adaptation des secteurs économiques aux nouvelles exigences du marché international.
Le MCB Group regrette de noter que dans la conjoncture, « the national reform agenda seems to have lost its steam, inspite of making allowance for intentions espoused by the authorities to strengthen the country’s in-built capabilities and attempts to further diversify external markets ».
Au chapitre des sectorial propects, l’analyse du MCB Group avance que la construction et le tourisme doivent demeurer sous close monitoring vu d’une part la fin des plus importants chantiers et « the relative cost of air access to Mauritius. » Le MCB Group rappelle qu’avec des recettes brutes de Rs 40 milliards en 2013, l’industrie touristique a accusé un manque à gagner de l’ordre de 11 % quand les dépenses par tête de touriste sont tenues en ligne de compte.
Les perspectives d’un changement pour le mieux à ce chapitre sont jugées très minces, car « the purchasing power of our traditional European tourists would remain dampened amidst economic difficulties in these source markets and the resulting price discounting measures put in place by local business operators would be difficult to get rid ».
L’industrie de la construction restera sous l’emprise de la morosité en raison des incertitudes sur le plan économique et la capacité restreinte des entreprises à dégager le financement nécessaire pour entreprendre des projets d’extension. Pour la sixième année consécutive, le secteur privé se transformera en handicap pour la relance des investissements.
« Elsewhere, given the persisting obstacles holding back the unfolding of contemplated infrastructure-building programmes, public investment should register a restrained growth, despite benefiting from expenditures foreseen in relation to the road network, berth expansion at the Mauritius Container Terminal, the construction of the Bagatelle Dam and the acquisition of a patrol vessel », note le MCB Group en prévoyant que l’invetissement national en 2014 devrait être légèrement inférieur à 21 % du PIB, bien loin de la moyenne de 27 à 30 % pour réaliser les ambitions en termes de croissance et de création d’emplois.
Abordant le chapitre du chômage, le MCB Group prône la prudence en faisant comprendre que « labour market conditions might be more challenging than what official estimates purport, the perceived non-negligible underemployment level that has persisted in the country should be thoroughly investigated in terms of its likely sources and potential implications in order to identify meaningful and targeted policy actions on the employment front ».
Avec un taux de chômage de 8 % en 2013, la situation pourrait connaître une légère détérioration cette année « considering the absence of sufficiently extensive reforms to reduce labour market inadequacies and given employment creation avenues being limited by the still below-par economic growth path ».
Les principales caractéristiques du chômage sont les suivantes : 39 % des demandeurs d’emploi sont âgés de moins de 25 ans, correspondant à un taux de chômage de 22 %, un taux de chômage de 11,7 % chez les femmes avec cet indicateur atteignant 33 % dans la tranche d’âge de 16 à 24 ans et un activity rate de la population de 60 % et de 45 % pour les femmes.
Le ton est plus pessimiste au chapitre des indicateurs fiscaux, MCB Focus affirmant que « As a conspicuous source of worry for the Mauritian economy, fiscal indicators have moved into relatively unfavourable territories lately ». Le déficit budgétaire, qui a atteint 3,5 % en 2013, restera à hauteur de 3 % cette année.
Le niveau de l’endettement public, représentant 55,2 % du PIB, est également un sujet de préoccupation pour le MCB Group. « Unless adequate measures are promptly adopted – which should, as key priorities, lay due focus on circumventing any unproductive expenditures and improving revenue collection capabilities, alongside ensuring that the competitive advantage that the current tax system provides to the country is preserved – such an outcome could exert pressures on the country in its bid to attain the target of bringing the ratio to 50 % of national income by 2018 as per the Public Debt Management Act », avertit le MCB Group dans la dernière edition de MCB Focus, qui commente également les conséquences des excédents de liquidités dans le circuit monétaire.