Les années se suivent et se ressemblent. 2013 va, selon les prévisions officielles, être marquée par une nouvelle baisse du taux de croissance de l’économie mauricienne à 3,2 %, cela après les 3,4 % de 2012 et 3,6 % de 2011. Maurice, estiment les économistes, est encore loin du chemin que devrait emprunter une économie en transition et qui aspire à émuler les pays à hauts revenus.
Statistics Mauritius s’est retrouvée, en trois occasions cette année, dans l’obligation de corriger à la baisse ses prévisions de croissance dans un contexte international en demi-teinte et des conditions erratiques au plan local. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, juge la performance 2013 « très honorable » que ce soit en termes de taux de croissance, d’inflation ou de chômage. Notre situation économique, soutient pour sa part, l’économiste Éric Ng, « n’est pas dramatique » avec une croissance de 3,2 % mais, s’empresse-t-il d’ajouter, « les autres pays africains font mieux que nous depuis un certain temps, avec des taux de croissance supérieurs à 5 % ». L’investissement étranger, indique-t-il, continue de croître sur le continent africain alors qu’il se tasse chez nous.
Les prévisions de Statistics Mauritius pour 2013 sont basées notamment sur une production sucrière de l’ordre de 407 000 tonnes (résultant en une décroissance de 1,3 % après les -7,3 % de 2012), une croissance de 3 % du secteur manufacturier par rapport à 2,2 % l’année précédente malgré un léger rebond de l’industrie textile (+2 % contre -1,1 % en 2012). Cependant, les entreprises tournées vers l’exportation vont essuyer un recul de 0,9 % après une croissance de 1,4 % en 2012. Le secteur textile, observe Éric Ng, continue d’augmenter ses exportations sur les marchés non-traditionnels (Afrique du Sud et États-Unis). Cependant, remarque-t-il, le nombre d’emplois dans l’industrie d’habillement diminue, cela considérant que « les grandes entreprises comme Ciel Textile et CMT délocalisent leurs productions en Inde et au Bangladesh pour faire face à la concurrence étrangère ».
La construction, indiquent les données officielles, a été un autre secteur en recul cette année (-9,4 %), cela après une contraction de 3 % notée en 2012. Cette mauvaise performance est expliquée par le fait que bon nombre de projets majeurs ont été complétés l’année dernière. En fait, le secteur de la construction connaît sa troisième année consécutive de croissance négative, avec une contraction totale de 15 % sur la période 2011-2013. « Les entreprises de construction souffrent d’un manque de main-d’oeuvre. Il existe maintenant peu de grands projets privés dans l’immobilier ou de gros chantiers publics au niveau de l’infrastructure. La construction est entrée dans une situation de surchauffe et de bulle au point que la Banque de Maurice a décidé de resserrer les conditions du crédit dans ce secteur », relèvent des analystes.