Depuis jeudi soir, la Banque de Maurice a mis en circulation une nouvelle série de coupures de banque en plastique pour remplacer les traditionnels billets en papier. Cette nouveauté de billets en polymère s’applique à ceux de Rs 25, Rs 50 et Rs 500.  Ils seront utilisés conjointement avec les billets existants. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a procédé au lancement officiel de ces billets lors d’un symposium organisé par l’association des Banques centrales africaines, à l’hôtel Maritim, Balaclava. Pour le chef du gouvernement, ces nouveaux billets marquent une étape historique dans le système monétaire de Maurice.
Annoncée en mai dernier par le ministre des Finances, Xavier Duval – qui, présent dans l’assistance à la cérémonie de lancement jeudi dernier, n’a pas eu l’occasion de faire son discours –, l’introduction des billets en polymère vise à assurer que le système monétaire local suive les meilleures pratiques internationales. À ce jour, les billets en polymère sont utilisés dans 20 pays au monde.
Si toutes les caractéristiques des billets de banque en papier ont été retenues pour les billets en polymère, notamment la structure, la dimension et les couleurs dominantes, la Banque de Maurice précise qu’outre la matière plastique, les nouveaux billets sont plus fermes et dureront plus longtemps que ceux en papier. Ce qui les rend plus «cost effective». Ces nouveaux billets se différencient des anciens car dotés de plusieurs éléments de sécurité spécifiquement conçus dans du matériel en polymère, avec pour résultat une grande réduction des possibilités de contrefaçon.
Les nouveaux billets contiennent, entre autres, une fenêtre transparente avec une image du dodo sur la droite au recto plutôt qu’un filigrane. De plus, une sécurité embossée permet aux personnes malvoyantes de reconnaître la dénomination de ces billets qui n’absorbent pas la poussière ou du liquide. Ils peuvent, ainsi, être essuyés avec un tissu ou lavés avec de l’eau et du savon. Par mesure de sécurité, la BoM recommande au public de ne pas les exposer à forte température, notamment sur une surface très chaude.
Lors de son allocution, le PM a mis l’accent sur le tournant majeur que constitue l’introduction de ces billets en polymère dans le système monétaire de Maurice. Soulignant leurs éléments de sécurité renforcée et de durabilité, il dit poser des jalons dans l’histoire bancaire mauricienne en lançant les premiers billets en polymère. De plus, ajoute-t-il, leur plus longue durée de vie et leurs éléments de sécurité aideront à produire un système de paiement stable et plus fiable dans le pays. Et de faire ressortir qu’il est crucial de s’assurer que le système financier contrôlé par la Banque centrale soit compétitif et efficace.
Passant ainsi en revue la politique financière sur le continent africain et les défis auxquels les banques centrales auront à faire face à l’avenir, le PM a exprimé sa crainte qu’au moment de la reprise économique dans les pays développés, le flot des investissements de capitaux, dont bénéficient actuellement les pays émergents, se raréfie au profit des pays développés. D’où son insistance, dit-il, sur la nécessité pour les banques centrales d’exercer un contrôle à travers des réglementations.
Outre l’importance de la stabilité financière, Navin Ramgoolam a aussi insisté sur la nécessité que la croissance aille de pair avec la justice sociale. Dans cette optique, a-t-il souligné, évoquant le travail abattu par la Banque de Développement, qui met des crédits à la disposition des petites et moyennes entreprises des taux subventionnés, ces entreprises doivent aussi avoir accès aux crédits financiers.
Monnaie unique
De son côté, Rundheersing Bheenick, gouverneur de la Banque centrale, a expliqué que le symposium réunissant l’Association des banques centrales permettra de réfléchir sérieusement sur l’agenda établi avant la crise pour aller dans la direction de la Communauté économique africaine. Ce qui comprend une Banque centrale, une monnaie unique et des institutions financières sur le plan continental. S’agissant de l’introduction des nouveaux billets de banque, M. Bheenick estime que ce lancement ouvrira la voie aux autres dénominations pour remplacer les anciens billets par ceux en polymère. À ce stade, ceux en plastique seront utilisés en parallèle avec ceux en papier et le remplacement des coupures existantes se fera graduellement. Il confie que la BoM travaille en étroite collaboration avec les banques et les utilisateurs de monnaie pour soutenir une transition en douceur vers les nouveaux billets de banque.