A la veille de la prochaine réunion du Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice et en marge des Article IV Consultations menée par la mission Petri du Fonds monétaire international (FMI), les dernières statistiques sur la dette publique font tiquer. En effet, les chiffres puisés sur le site internet du ministère des Finances confirment que la dette par tête d’habitant s’élève à Rs 170 000 en décembre de l’année dernière, soit Rs 15 000 de plus qu’il y a un an. Entre-temps, la bombe à retardement à la Bank of Mauritius Tower, en l’occurrence le problème des excédents de liquidités, continue à connaître une nette détérioration avec le Monetary Policy Committee de lundi prochain et le FMI appelés au chevet en vue de trouver des solutions appropriées. Les derniers détails sur la répartition des crédits bancaires en date du 23 confirment la position vulnérable de l’industrie du bâtiment avec des dettes de l’ordre de Rs 75 milliards, soit Rs 8 milliards de plus qu’à pareille époque l’année dernière.
La Debt Stock du pays à la fin de l’année dernière était de l’ordre de Rs 219,9 milliards, représentant 60% du Produit intérieur brut (PIB). Ainsi, d’une année à l’autre, l’endettement public s’est accru de Rs 20 milliards, soit à un rythme nettement plus élevé que la moyenne de ces dernières années. La dette contractée auprès des sources étrangères, principalement des institutions financières, s’élève à Rs 47 milliards représentant une progression de Rs 12 milliards en une année. Elle représente 24,4% du PIB ou encore 45,1% des exportations de biens et services en une année.
Cette somme de Rs 47 milliards, qui comprend également des investissements des Non-Residents dans des Government of Mauritius Bonds, se répartit comme suit : Rs 42,1 milliards de prêts à moyen et long termes, Rs 4,5 milliards de Long Term Debt Liability – IMF SDR Allocations et Rs 400 millions à court terme, dont des « investments by non-residents in Treasury Bills ».
La dette contractée sur le marché local est de Rs 149,9 milliards, une progression de Rs 9 milliards à la fin de l’année dernière. Un peu moins de Rs 80 milliards sont sous forme de Five-Year Government Bonds, MDLS/Long Term GoM Bonds et de Tax Reserve Certificates. Des prêts de Rs 43,2 milliards sont à moyen terme, dont des Treasury Notes et PRB Savings Scheme et Rs 27 milliards à court terme.
Ces détails révélés par le ministère des Finances, jeudi, indiquent que l’endettement des entreprises publiques (Public Enterprise Debt) est contenu à Rs 22,6 milliards, dont Rs 12 milliards sur le marché local et Rs 10 milliards à l’étranger.
Cet endettement de Rs 220 milliards à la fin de 2013 est supérieur aux prévisions établies dans le dernier budget. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, avait misé sur un montant révisé à la baisse de Rs 216,9 milliards. De ce fait, les prévisions pour des dettes de Rs 231,3 milliards pour la fin de 2014 devront également être revues à la hausse compte tenu des dernières tendances enregistrées à moins qu’un élément de Discounting entre en jeu.
D’autre part, la situation ne s’est gère améliorée sur le front des excédents de liquidités dans le circuit bancaire. Les initiatives de la Banque de Maurice pour endiguer ce phénomène ont été quasiment vaines. Les derniers relevés de Maintenance of Cash Ratio by Banks effectués par la Banque Centrale, rendus publics jeudi, indiquent un nouveau niveau record avec une somme de Rs 11,1 milliards (11,13%) au 23 janvier dernier.
Ce montant de Rs 11,1 milliards est en hausse de Rs 3 milliards en l’espace de quinze jours et a plus que doublé en un mois. Rappelons qu’au 24 janvier de l’année dernière, les excédents de liquidités étaient de Rs 3,6 milliards seulement (7,99%). Il ne fait aucun doute que lors des délibérations du Monetary Policy Committee lundi, en vue de déterminer le nouveau Repo Rate, ce volet d’excédents de liquidités pourrait peser lourd dans la balance.
Du côté des allocations de crédits bancaires au secteur privé, le coup de barre espéré se fait encore attendre avec la construction et le tourisme s’appropriant la part du lion. Cers deux secteurs, en proie à des difficultés économiques dans la conjoncture, ont bénéficié de crédits bancaires de respectivement Rs 75 milliards et Rs 48,8 milliards, représentant 40% du montant global alloué à la fin de l’année dernière.
D’une année à l’autre, l’endettement de l’industrie du bâtiment s’est alourdi de Rs 8 milliards alors que celui du tourisme l’a été de Rs 4 milliards. Les crédits bancaires aux ménages ont augmenté de Rs 5,4 milliards, avec des Credit Card Advances de Rs 1,8 milliard, au cours de la même période.