En large des négociations tripartites fixant le quantum de la compensation salariale de janvier prochain, les fédérations syndicales sont en présence depuis cette semaine d’une série d’informations portant sur le profil du salarié mauricien, que ce soit du public ou du privé. Ces détails avaient fait l’objet de demandes formelles soumises par les syndicalistes lors de la séance plénière présidée par le Rashid Beebeejaun en tant que Premier ministre par intérim et ministre des Finances suppléant. Ainsi, les données communiquées par le ministère des Finances révèlent que deux salariés sur cinq touchent moins de Rs 13 822 par mois alors que la moyenne des salaires pratiqués dans le secteur public est inférieure à la barre des Rs 10 000 par mois.
Techniquement, sur les 527 900 salariés que compte le pays, environ 225 000, soit deux sur cinq, perçoivent des salaires mensuels de moins de Rs 13 822. Néanmoins, cet indicateur de la répartition salariale pourrait être différent si le nombre d’employés contribuant mensuellement au National Pension Scheme (NPS) était tenu en ligne de compte : il serait alors de sept salariés sur dix touchant moins de Rs 13 822. La grosse majorité de ces employés se trouvent dans le secteur privé car seulement 17 400 fonctionnaires ou employés de corps parapublics font partie de cette catégorie.
La situation est encore plus problématique pour 57 000 travailleurs du privé car leurs rémunérations sont inférieures à la barre des Rs 6 000, soit moins de Rs 250 par jour. La moyenne des salaires mensuels en vigueur dans le secteur privé en excluant le Pay Packet et autres Fringe Benefits des managers, des professionnels et autres techniciens, est de Rs 9 900 pour cette année. À titre de comparaison, le nombre de contribuables sujets au paiement de la Solidarity Tax à 10 %, leurs revenus annuels dépassant Rs 2 M par an, est de 1 098 avec des impôts équivalant à Rs 151 M.
Un autre aspect majeur de ces chiffres communiqués en marge de la reprise des consultations au niveau des tripartites après la semaine prochaine touche aux dépenses des ménages. Un ménage sur cinq consacre plus de la moitié de ses revenus à l’achat de produits alimentaires en vue de subvenir à ses besoins les plus urgents. La dernière estimation officielle du panier de la ménagère, basée sur le Household Budget Survey de Statistics Mauritius, indique que le coût du panier de la ménagère en 2014 avec un taux d’inflation de 3,7 % prévu jusqu’à la fin de décembre prochain est de Rs 25 700.
Cette somme représente une hausse de Rs 930 par rapport au panier de l’année dernière ou encore d’un peu moins de Rs 2 000 comparativement à 2012. À cette dernière date, les principales dépenses des ménages s’établissent comme suit : produits alimentaires 27,3 %, transport 15,2 %, factures d’eau d’électricité et autres services 12 %, boissons alcoolisées et cigarettes 9,6 %, le reste des dépenses essentielles se retrouvant avec une moyenne de 4 % chacune.
Les dépenses des ménages à l’item du logement, comprenant le loyer, les mortgages, les intérêts sur les prêts logement ou encore la maintenance émargent plus de 30 % des salaires mensuels de quelque 12 200 familles selon les dernières statistiques disponibles.
En moyenne, le nombre de salariés par ménage est de deux alors « the average income per income earner » est de Rs 14 680, chiffres qui remontent à 2012. Le secteur des petites entreprises demeure le plus gros pourvoyeur d’emplois avec 282 700 répartis dans 125 500 unités.
Pour la période couvrant de 2009 à août dernier, le nombre de licenciements pour raisons économiques était de 8 925 avec des Recycling fees de Rs 47,8 millions collectés et un montant de Rs 654,9 millions sous forme de TUB payé.
De leur côté, 5 863 entreprises ont dépensé la somme de Rs 522 millions dans des projets de Corporate Social Responsibility en 2013.