L’évolution à la baisse du prix du sucre à l’exportation, qui pousse le Syndicat des Sucres à revoir conséquemment le prix de la tonne de sucre versé aux planteurs et aux producteurs sucriers, continue d’inquiéter. Aux dernières nouvelles, l’unique compagnie sucrière d’État, Rose-Belle Sugar Estate, prévoit des pertes de l’ordre de Rs 90 millions cette année, la tonne de sucre passant à Rs 12 500. Entre-temps, les consultants britanniques de Landell Mills Ltd, la société ayant décroché le contrat pour une étude sur l’industrie cannière post-2017, sont passés depuis la semaine dernière à la vitesse supérieure par le truchement de consultations plus poussées avec les stakeholders et des constats des lieux de projets mis à exécution jusqu’ici. L’objectif affiché est de soumettre aux autorités le rapport susceptible de servir de nouveau plan d’action pour l’industrie cannière au mois de novembre, soit dans les limites prévues.
Le cas de la compagnie sucrière de Rose-Belle est cité comme l’exemple-type des répercussions néfastes de la baisse du prix payé par le Syndicat des Sucres dans la conjoncture actuelle. Les dernières prévisions sur les opérations de cette société publique établissent qu’avec un prix de Rs 12 500 la tonne, le bilan financier de cette année devrait se solder par des pertes de Rs 90 millions. Avec une telle tendance, les pertes accumulées jusqu’en 2017 devraient atteindre quelque Rs 500 millions.
À l’hôtel du gouvernement, des études et discussions ont été initiées en vue de trouver des solutions alternatives et des diversifications des activités économiques en tenant en ligne de compte la proximité de l’infrastructure aéroportuaire en vue de sauver les meubles. Sur le front du prix à l’exportation, très peu de changements positifs sont à prévoir vu la situation de surproduction sucrière dans le monde.
Dans une interview accordée à la BBC, le Chief Executive Officer sortant du Syndicat des Sucres, Jean-Noël Humbert, un fervent partisan de l’anti-sinistrose sucrière, reconnaît que les difficultés pour cette industrie sont bien réelles et qu’elles devront durer quelques années encore. « There is now excess sugar, surplus sugar in the EU market, and this is likely to stay for a few years with us. Therefore we’ve changed from a sellers’ market to a buyers’ market. And now with prices as low as 500 euros per tonne we are suffering a lot », devait-il faire comprendre au Business Reporter de la BBC, qui était récemment à Maurice pour les besoins d’une série de reportages sur notre économie.
Des craintes sont également exprimées à l’effet que le prix final de la tonne de sucre pour la récolte de cette année puisse encore être inférieur aux Rs 12 500 annoncées. Un autre facteur, le taux de change de la roupie, pourrait aussi jouer des tours aux membres de la communauté des planteurs de cannes. Dans la conjoncture, aucune des sources officielles approchées n’a voulu se prononcer sur cet aspect de l’industrie cannière, tout en concédant que la vigilance reste toujours de mise.
En parallèle, les consultants de Landell Mils Ltd multiplient les contacts et les consultations dans le cadre de cette étude sur la prochaine étape de la réforme dans le secteur sucre vu l’élimination des quotas interne de l’Union européenne à partir de 2017. Une des conséquences de l’abolition des quotas et la surproduction mondiale de sucre est la chute brutale du cours à l’exportation de cette denrée. Les spécialistes britanniques ont déjà eu des échanges avec des partenaires de l’industrie et la journée d’aujourd’hui est consacrée à des interactions avec des représentants des syndicats des laboureurs et des artisans.
Landell Mills Ltd maintient que le calendrier de travail indique que le rapport portant sur une série de recommandations doit être soumis au gouvernement au plus tard le mois prochain. Les attributions de cette étude confirment l’urgence des problèmes et des défis qui se posent. « With major developments taking place at the level of European Union, the main export market for our sugar there is reform of the Common Agricultural Policy for the post 2013 with the proposal to end the sugar quota in 2017. According to some studies, the abolition of EU sugar quotas coupled with a volatile world market may create uncertainty and volatility in the price of sugar in the EU Market (our main preferential export market) which may result in lower export earnings which are currently the main revenue stream to the planters community. Thus, there is urgent need for action », souligne le document officiel.
Le gouvernement s’attend également à être en présence d’un « financing plan that would justify the recourse to Accompanying Measures Support Program (AMSP) for Sugar Protocol Countries type measures and the tapping of global concessionary finance/grants dedicated to environment protection and preservation ».