Les relations entre Maurice et l’Union européenne demeurent au centre de l’actualité. En sus du débat enclenché avec l’échéance 2017 au sujet de l’exportation du sucre en Europe, avec le démantèlement du régime des quotas sucre, des délais accumulés pour la mise en pratique des engagements pris par Maurice dans le cadre de l’assistance financière de l’UE sous forme de soutien budgétaire suscitent des graves préoccupations.
L’enjeu est que le pays risque d’être privé d’une enveloppe financière de Rs 600 millions (14 millions d’euros) si Bruxelles décide qu’il y a manquements de la part de Maurice. En ce qui concerne le dossier sucre, sur décision du conseil des ministres de vendredi, le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, s’est vu confier la responsabilité de réunir tous les stakeholders de l’industrie sucrière en vue d’élaborer un plan de réorientation et de consolidation de la réforme avec l’échéance 2017 en ce qui concerne le démantèlement du régime du quota de sucre.
Des recoupements d’informations indiquent que le gouvernement tente actuellement de mettre les bouchées doubles en vue de respecter des engagements pris auprès de la Commission européenne dans le cadre du programme de soutien au budget pour la réforme économique. Si ces Key Performance Indicators (KPI) ne sont pas atteints, il y a de véritables risques qu’une tranche de l’ordre Rs 600 millions (14 millions d’euros) soit retranchée de manière irrémédiable de la prochaine enveloppe d’assistance financière.
La question a été évoquée lors des échanges de vues avec les parties intéressées et les ministères compétents ont été informés de la situation avec le ministère des Finances assurant la coordination pour que le nécessaire soit fait dans les meilleurs délais. L’un des KPI concerne le Blending de l’éthanol (l’E-20), un des sous-produits de la canne, pour les besoins de carburant.
Lors des discussions portant sur le programme de réforme économique, un calendrier de travail avait été établi pour la réalisation de ce projet de Blending d’éthanol avec pour objectif de réduire graduellement la facture d’importation de carburant pour des besoins de locomotion. Il semblerait qu’en dépit des déclarations d’intention, au sujet de la clean energy ou encore des sources d’énergie renouvelables, le projet n’a nullement démarré.
Un autre engagement pris qui n’a pas été respecté relève du domaine de la génération d’énergie électrique. L’Union européenne, qui avait réclamé le lancement d’un exercice d’appel d’offres pour le démarrage du projet de génération d’une centaine de MW pour les années à venir, ne serait nullement satisfaite des développements intervenus avec le projet de CT Power (Mauritius) Ltd à Pointe-aux-Caves à Albion. De manière systématique, Bruxelles préfère de loin les résultats d’un appel d’offres en toute transparence que des Sollicited Bids du genre CT Power même si toutes les précautions sont adoptées « to get value for money ».