Le Collaborative Research and Innovation Grant, une initiative du Research and Development Working Group, sous l’égide du Mauritius Research Council (MRC) a été présenté à la presse hier après-midi par le secrétaire financier, Dev Manraj. Ce dernier dit constater que Maurice est en retard du côté de la science et de la technologie comparé à d’autres pays. « Nous devons rattraper ce retard en encourageant les jeunes à s’intéresser davantage à la science et à la technologie. C’est ça notre plus grand défi », a-t-il déclaré. Une enveloppe de Rs 100 M est disponible annuellement pour financer des projets de recherche qui aboutiront à la création de produits visant le marché local et africain.
« Une économie moderne passe par la créativité. Nous devons, donc, nous réinventer pour trouver des solutions sur le moyen et le long terme. De plus, nous aspirons à exploiter le continent africain qui dispose de grandes quantités de ressources naturelles mais qui souffre d’un manque de technologies. Pour cela, il nous faut être compétitif sur le prix et la qualité », fait ressortir Dev Manraj. D’autre part, cette démarche vise aussi à créer des emplois pour les jeunes Mauriciens. Selon Dev Manraj, il est plus facile pour un jeune de trouver un emploi dans les TIC que dans d’autres secteurs. « Ils ne restent pas chômeurs trop longtemps. Par contre, dans d’autres secteurs les débouchés sont difficiles », dit-il, avant d’expliquer les actions du gouvernement visant à vulgariser la recherche et l’innovation dans le pays, en collaboration avec le secteur privé.
Pour le directeur du Joint Economic Council (JEC), Raj Makoond, Maurice doit passer de son statut de « middle-economy » à un « high economy » dans un proche avenir. « Pour cela, il faut que notre économie soit innovation-driven, surtout qu’il n’y a plus de préférences pour nous protéger. Nous devons penser à la compétitivité et cela passe par l’innovation et la recherche », déclare-t-il. Selon lui la démarche est aussi de rapprocher l’entreprise et la recherche. « Nous avons un travail à faire au niveau des entreprises to get them on board », a-t-il conclu. « C’est une occasion en or qui est offerte au secteur privé de contribuer à la recherche et à la technologie », déclare le Pr Soodarshan Jugessur, de l’Université de Maurice. Il estime que Maurice s’est bien développée jusque-là avec le soutien du secteur privé. « Il nous faut maintenant concourir sur le marché étranger », lance-t-il.
Pour sa part, le directeur du Board of Investment (BOI), Ken Poonoosamy, rappelle qu’environ 25 sociétés opèrent actuellement dans le secteur de la biotechnologie à Maurice, générant un chiffre d’affaires de Rs 3 milliards et employant environ 1 300 personnes. « C’est un secteur d’avenir qui touche à une panoplie d’activités dans l’industrie, l’environnement, l’agro-industrie et aussi dans l’océan. Il y a beaucoup de recherches et d’innovations qui sont engagées dans ce secteur », fait-il ressortir.
Aux questions du Mauricien, le directeur du MRC, Arjoon Suddhoo, a répondu qu’auparavant les étudiants étaient peu nombreux à choisir la filière scientifique parce qu’ils ne voyaient pas les opportunités d’emplois qui existent dans ce domaine comparé à d’autres secteurs tels que la comptabilité et les finances. « Tel n’est plus le cas aujourd’hui, on peut créer un business grâce à la science et gagner beaucoup d’argent ». Au Pr Jugessur d’ajouter : « Nous ne pouvons obliger les gens à faire des choses qu’ils ne veulent pas mais nous pouvons leur montrer les exemples de filières qui sont porteuses d’avenir. Nous ne faisons que suivre les technologies importées, nous pouvons nous-mêmes développer notre technologie locale. » Il ajoute qu’il ne faut pas sous-estimer les Mauriciens, qui « ont la capacité et le potentiel à innover mais qui ne sont pas fully-exploited. »