Sur la base des informations communiquées par les experts du MMM, le leader de l’opposition Paul Bérenger a estimé que la croissance économique pour l’année 2015 ne dépassera pas 3,5 %. Il a qualifié les prévisions de croissance de 5,3 % et de 5,7 % en 2016-2017, faites par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, de farfelues. Pour Paul Bérenger, celui-ci n’est pris au sérieux par personne, y compris par les membres du gouvernement.
Paul Bérenger, qui était entouré des membres du comité économique du MMM, à l’exception de Reza Uteem qui se trouve à l’étranger, a passé en revue les indicateurs macroéconomiques, qui indiquent clairement qu’il y a des nuages à l’horizon. Il est revenu sur les statistiques diffusées par Statistics Mauritius qui ont ramené à 3,8 % les estimations de croissance pour cette année alors que les prévisions faites en mars dernier s’élevaient à 4,1 %. Le FMI a, pour sa part, estimé que la croissance ne dépassera pas 3,2 % en 2015, ce qui est en deçà de la moyenne de croissance prévue pour l’Afrique qui est de 3,8 %. Paul Bérenger considère pour sa part que le taux de croissance en 2015 sera le même qu’en 2014 et ne dépassera pas 3,5 %. Concernant les données qui influencent le taux de croissance du Produit intérieur brut, il a observé que selon les chiffres publiés par Statistics Mauritius en septembre, le taux d’investissement sera de 19,1 % seulement alors que le budget avait prévu un taux de 24,8 %. L’investissement direct à l’étranger a baissé de 40 % pour les six premiers mois de 2015. Plus grave, les investisseurs étrangers ont retiré quelque Rs 5,2 milliards en un an pour la période se terminant à septembre dernier. « Cela est dû au fait que tous les économistes sérieux estiment que le mood pour les investissements locaux et étrangers n’est pas bon ». Selon lui, l’affaire BAI en serait, entre autres, la cause. De plus, dit-il, la FSC n’est plus indépendante et les incertitudes concernant le DTAT avec l’Inde persistent. Par ailleurs, il accuse le ministre des Finances de manipuler les chiffres saisonniers afin de faire croire que le chômage diminue. Le Bureau central des Statistiques prévoit que le taux de chômage sera de 7,8 % à 8 % en 2015. « Or lorsque la croissance du PIB est moins que prévue et que le taux d’investissement dégringole, nous savons tous ce que cela veut dire pour le chômage », dit Paul Bérenger. Alors que le ministre des Finances prévoit le plein-emploi en 2017, il ne tient pas compte des 50 000 chômeurs enregistrés et des 10 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail chaque année, dit le leader du MMM. La moyenne d’emplois créés par an tourne actuellement autour de 7 000.
Concernant le déficit budgétaire, le ministre des Finances prévoit une baisse de Rs 1,4 milliard pour cette année et estime qu’en tenant compte des fonds spéciaux, il sera de 3,8 %. Ce que le ministère ne dit pas, a poursuivi le leader du MMM, est que cette baisse est le résultat des retards enregistrés dans les dépenses consacrées aux développements dans le Capital budget. De plus, le taux de déficit est toujours trop élevé pour empêcher que la dette publique ne continue d’augmenter. « Le Public Sector Debt ratio est passé à 63,4 % du PIB à la fin de juin 2015. Ce qui est loin au-dessus du seuil fatidique », a dit Paul Bérenger, qui explique que la ligne rouge concernant la dette par rapport au PIB est de 60 %.
Paul Bérenger observe finalement que Vishnu Lutchmeenaraidoo compte sur quatre grands projets chinois, sur Highlands et le port, pour activer la croissance. S’agissant des projets chinois, il observe que Jin-Fei est encore flou. On ne sait pas si l’accord prévoyant la création d’une compagnie dans laquelle les investisseurs chinois seront minoritaires a été conclu, dit-il. Concernant le projet de port de pêche à Bain-des-Dames, il a exprimé de sérieuses réserves au sujet du partenaire mauricien qui travaillera avec la compagnie chinoise. De plus, ce n’est que maintenant qu’une étude de faisabilité est effectuée. Paul Bérenger a relevé, d’autre part, des contradictions dans le projet de Highlands qui est encore très confus. Personne ne sait, selon lui, comment ce projet sera financé. Par ailleurs, le projet de partenariat avec DP Dubayy et celui de la smart city de Roches-Noires sont encore flous, dit-il.