Chaque heure ouvrable des banques rapporte des profits de l’ordre de Rs 8 millions ou Rs 65 millions par jour, comme l’affirme Manou Bheenick dans son discours. Il a tiré la sonnette d’alarme sur cet état de choses tout en souhaitant voir les banques commerciales s’engager dans un exercice de Rethinking de l’équation-profits. En ce début de semaine, la Banque de Maurice sera de nouveau in the line of fire avec la réunion du Monetary Policy Committee fixant le nouveau Repo Rate, le taux directeur bancaire. Le Joint Economic Committee s’attend à voir la Banque Centrale soit maintenir le statu quo soit procéder à une légère baisse dans la conjoncture.
Le gouverneur de la Banque de Maurice n’a pas fait dans la dentelle pour critiquer les banques commerciales alors que le Guest of Honour n’était autre que son homologue de la Banque du Nigeria, Lamidi Sanusi. « With the crisis now in its fourth year and placing severe strain on our economic operators, you would have thought that it was in the self-interest of our banks to reduce finance costs for their clients to help them adjust to depressed market conditions and declining profits margins (…) Some of them have raised their fees and charges. Bank sector profits are running at Rs 65 million a day, » a-t-il lâché en plein dîner.
Manou Bheenick ne s’est pas contenté de cette seule attaque. « We do want our banks to be profitable but we do draw the lines at supernormal profits. Especially at times like these. When the lion’s share still goes to the lions, we may be asking ourselves a question or two. I hope we never see in our island the bank rage which has created mayhem in the streets of Manhattan and by St Paul’s in the city of London », a-t-il poursuivi.
Le gouverneur de la Banque de Maurice a lancé un appel au secteur bancaire pour une introspection par rapport à la notion de profits. « I am sure our bankers are not as insensitive as the profit figures would imply. The corporate board-rooms concerned should be reminded of their social role and urged to reconnect with reality unless they are keen to stoke discontent », a ajouté l’intervenant.
Manou Bheenick, qui s’est même permis un jeu de mots avec le terme banker avec « henceforth, banker will be spelt bankster… to rime with gangster », a proposé aux banquiers six pistes principales dans le cadre d’un exercice de Rethinking, à savoir
« let us see remuneration relate more to ethics, with greater attention to shareholders, entepreneurs and high street customers,
« let us break the current nexus between managers and their boards,
« dégageons une nouvelle vision et procédons à, une diversification de la composition des conseils d’administrations pour éviter que les profits ne soient plus une obsession,
« dégageons une nouvelle vision des opérations bancaires où le rendement financier n’est pas le seul paramètre et où le rôle social des banques est réhabilité,
« dégageons une nouvelle vision où les intérêts des banques sont davantage en conformité avec ceux de la grande majorité de la population et
« let us together embrace a vision where the business of banking is the business of serving a thriving and just society. That is the real test of development. »
Mais les banquiers n’ont pas été les seules cibles du gouverneur de la Banque de Maurice lors de ce dîner de fin d’année. Sans les citer nommément, il s’en est pris aux décideurs politiques et du privé en général en étalant ses appréhensions par rapport à la bombe à retardement du vieillissement de la population. « Its fuse is burning steadily, largely un-noticed, with dire consequences if we neglect its import », a-t-il fait comprendre.
« La population de Maurice en âge de la retraite doublera au cours des 15 prochaines années et triplera en 35 ans. La proportion de la population en âge de travailler par rapport à celle à la retraite contineura à baisser pour passer de 7 actuellement à 2,5 en 2045. This demographic time-bomb, which is ticking away relentlessly, has deep significance for our economy, our pension schemes and our society. Dealing with it must be one of the key elements of our future visioning exercise », souligne Manou Bheenick en laissant échapper un petit air de regret devant le peu de considération accordée au problème du vieillissement de la population.
L’éducation, la formation et la recherche ont également retenu l’attention du gouverneur de la Banque de Maurice. « We have failed to encourage R&D to turn it into a platform for creativity and innovation… We are missing some of the critical ingredients of the recipe to add greater value and to move to the next stage of development. We certainly have the doers. But do we have the forward thinkers, the visionaries, the dreamers? We are in danger of falling in a pedestrian rut », a-t-il averti sans ambages.
« Three major ideas spring to mind here: the regional service hub, innovation and excellence. The service hub or hub notion has been bandied around for years: indeed we have so many hubs thrown at us that I am beginning to lose count of the number of wheels on the wagon. The other are vital ingredients which we largely lack: innovation ans excellence », a déclaré Manou Bheenick, qui trouve qu’il n’est pas nécessaire que ce soit le gouvernement qui doit toujours faire preuve d’initiative.
Le thème de l’intervention du gouverneur de la Banque de Maurice était « a testing time. » Commentant le problème du surendettement, qui ébranle les fondements des économies de l’Euro Zone, il est d’avis que « it seems to many that the leaders in the West keep being caught wrong-footed by the infolding chaotic scene » avec la menace d’une double-dip recession.
Manou Bheenick s’est félicité du fait que Maurice ne fait face à aucun roll-over risk. « We are not at the mercy of inforgiving markets. How many of us know that, in their monumental work on economcs and financial crtises, this time it’s different, Kenneth Rogoff and Carmen Reinhart, paid Mauritius – a handful of other countries – an ultimate accolade when they called us debt default virgins? »
Néanmoins, le gouverneur de la Banque Centrale appelle à la vigilance dans la conjoncture économique. « We do not know how the crisis will play out. The fog of uncertainty cast a pall over global growth prospects. Whatever happens, we must remain agile and alert to ride the slightest favourable wave even as the European and US economies flounder in its wake », affirme-t-il.