Statistics Mauritius estime que le taux de croissance pour cette année s’élèverait à 3,2% au lieu de 3,3% comme annoncé dans son rapport publié en juin dernier. Ce changement de prévision est dû à l’anticipation de performances inférieures dans certains secteurs, notamment les services financiers, les nouvelles technologies de l’information et de la communication, le commerce et le sucre alors que celui de la construction va se contracter encore plus.
Sur la base des données provenant des secteurs-clés de l’économie, Statistics Mauritius a eu à revoir légèrement à la baisse l’estimation du taux de croissance pour 2013, la ramenant à 3,2%, cela en tenant compte des modifications suivantes dans les indications sectorielles données en juin dernier : a) le secteur va enregistrer une croissance de 2% au lieu de 3,2% en raison d’une production réduite : 420 000 tonnes au lieu de 425 000 tonnes ; b) le secteur manufacturier va faire mieux que prévu avec un taux de 2,7% contre 2,1% estimé précédemment ; cela découle, selon Statistics Mauritius, d’une performance améliorée (5,5% au lieu de 2 %) des entreprises manufacturières tournées vers le marché domestique quoique mitigée par une « lower performance » du secteur agro-industriel ; c) un repli encore plus profond (-9,4% contre -7,7%) du secteur de la construction, lequel effondrement est expliqué « by delays in some major private construction projects partly offset by increase in public sector investment » ; d) une croissance de 3,5% et non 3,8% dans le secteur commercial, ce sur la base de données disponibles concernant les importations du premier semestre 2013 ; e) une croissance de 7,7% (au lieu de 8,2%) dans le secteur des TIC et, f) un taux de 5,3% (en dessous des 5,5% annoncés précédemment) pour le secteur des services financiers du fait d’un « lower than expected performance » du secteur bancaire dans le courant du premier semestre 2013.
Le rapport de Statistics Mauritius indique que le Produit intérieur brut (PIB) du pays aux prix du marché va atteindre Rs 370,8 milliards en 2013 contre Rs 343,9 milliards en 2012. Les taxes sur les produits vont se chiffrer à Rs 43,6 milliards (+5,8%). Selon les données officielles, le secteur textile va réaliser un rebond cette année, progressant de 2% après un repli de 1,1% l’année dernière. Les entreprises tournées vers l’exportation vont, dans l’ensemble, enregistrer une croissance de 0,8% contre 1,4% en 2012. Quant au secteur de l’hôtellerie et de la restauration, on s’attend à ce qu’il réalise une croissance de 2,5% basée sur des arrivées touristiques de 990 000 contre 965 441 l’an dernier et des recettes de Rs 45,1 milliards (+Rs 0,7 milliard).
S’agissant des investissements, après analyse des projets en cours et à venir, Statistics Mauritius s’attend à un montant global de Rs 78,4 milliards, en légère baisse par rapport à celui de 2012 (Rs 79,2 milliards). Mais en termes réels, la baisse serait de 3,1%. Si on exclut l’achat d’avion et de bateaux, les investissements vont accuser une baisse de 5,7% cette année. Les investissements dans les bâtiments et autres chantiers vont fléchir davantage (-10,2% en 2013 contre -1,1% en 2012). En revanche, les investissements dans les machines et autre équipement vont grimper de 12,3% (par rapport à -0,2 % l’année dernière) suite à des investissements dans une nouvelle usine de traitement de produits de la mer et l’achat de bateaux.
Comment se répartissent les investissements ? Selon Statistics Mauritius, les investissements privés vont en termes réels diminuer de 2,8% après avoir fléchi de 1,9% en 2012. « The negative growth would be mainly due to completion of major projects in 2012 », souligne-t-elle. Le secteur public verra également le niveau de ses investissements se contracter de 4,1% après une hausse de 2,9% notée en 2012.
Pour ce qui est de l’épargne nationale, il est estimé que le taux cette année va encore diminuer, passant de 15,1% à 14,2% du PIB.