La MCB s’attend à une croissance de l’ordre de 4% de l’économie mauricienne en 2016 et estime qu’une remontée du niveau d’investissement, avec dans son sillage une exécution en temps voulu et soutenue de nouvelles réformes structurelles, est une condition sine qua non pour que le pays puisse atteindre une croissance de plus de 5% dans les années à venir. Pour 2015, la dernière édition de MCB Focus, rendue publique hier, fait état d’une estimation de croissance de 3,4%, taux inférieur à celui prévu par Statistics Mauritius (3,5%) mais supérieur à celui anticipé par le Fonds Monétaire International (3,2%).
Selon Gilbert Gnany, Chief Strategy Officer du MCB Group, compte tenu des pressions sur les secteurs réels de l’économie mauricienne, le budget et les comptes externes, il est impérieux que le pays s’efforce à éliminer les obstacles affectant l’offre afin de créer et préserver un climat qui ouvrira la voie à une croissance économique plus élevée, durable et inclusive. Tout en notant avec satisfaction les projets de grande envergure annoncés par les autorités, Gilbert Gnany soutient qu’il est crucial de faire repartir le niveau d’investissement dans le pays et de veiller à une exécution efficace de nouvelles réformes structurelles pour que la croissance potentielle puisse dépasser la barre de 5%. Pour 2016, précise-t-il, le taux estimé de 4% prend en compte le rétablissement graduel de l’économie globale, en particulier une meilleure performance de nos principaux marchés à l’exportation, ainsi qu’un renversement de tendance favorable du niveau d’investissement au plan local. L’estimation annoncée reflète également les délais dans l’exécution des projets d’investissement.
Gilbert Gnany est d’avis que la croissance pour les prochaines années sera déterminée par la progression à double chiffre des investissements publics dans l’amélioration des infrastructures (routes, port, eau, électricité et télécommunications, entre autres) comme projetée par le gouvernement. Selon MCB Focus, l’investissement privé devrait également prendre une courbe ascendante. Cependant, Gilbert Gnany met en garde contre les « downside risks » qui pourraient surgir dans l’éventualité de nouveaux chocs économiques au plan global et de retards dans l’exécution des projets d’investissement annoncés.
L’estimation de croissance de 4% pour 2016 pourrait, estime Gilbert Gnany, être plus élevée si nos principaux marchés d’exportation affichent de meilleures performances, si les projets infrastructurels sont exécutés à un rythme plus rapide et aussi en tenant compte de la possibilité qu’une implémentation prompte des réformes structurelles joue un rôle catalyseur sur les investissements du secteur privé.
Pour 2015, MCB Focus projette une croissance de 3,4%, soulignant que cette estimation découle du repli de l’investissement privé, de la persistance des contraintes au niveau de l’offre ainsi que de la vulnérabilité du pays à la détérioration de la situation économique mondiale. La contre-performance de l’économie mauricienne en 2015 doit être renversée, écrit Gilbert Gnany, « in order to lay solid foundations for full ger wealth and job creation in view of our objective of achieving durable and inclusive growth ».
MCB Focus observe que le niveau d’investissement se repliera à 18,1% du PIB, et ce pour la première fois depuis plus de trois décennies. Du fait d’un taux d’épargne national relativement faible, le pays doit toujours compter sur les investissements étrangers. « The anaemic investment pattern should contribute to the worsening of nationwide unemployment by 20 basis points to reach 8% in 2015 », souligne Gilbert Gnany.
Pour ce qui est des autres indicateurs, MCB Focus considère que la baisse des pressions inflationnistes constitue un « bright spot », le taux pour cette année étant estimé à 1,7%. Par contre, le niveau de la dette publique est passé de 60,7% du PIB en 2014 à 63,4% en juin 2015 (selon la définition internationale) mais a grimpé de 54,2% en 2014 à 56% en juin 2015 (selon les besoins de fixation du plafond statutaire). Quant à la balance commerciale, elle serait déficitaire d’environ Rs 79 milliards en 2015, poussant le déficit des comptes courants à environ 5,4% du PIB.