La Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) prévoit un taux de croissance économique de 3,4 % pour Maurice en 2014, estimant que malgré l’amélioration de la conjoncture mondiale, les perspectives pour le pays demeurent difficiles.
Présentant les perspectives 2014 lors d’une conférence de presse ce matin, le Dr Renganaden Padayachy, Manager de l’Economic Analysis and Industry Division de la MCCI, a observé que notre potentiel de croissance s’est aussi affaibli et qu’il se situe à 3,7 % cette année, soit une baisse d’environ deux points de pourcentage par rapport à son niveau d’avant la crise globale.
« Depuis 2009, nous constatons un ralentissement de la consommation et une baisse du taux d’investissement. L’absence de confiance pousse les gens à ne pas consommer et les entreprises à repousser ou à annuler leurs investissements », a fait ressortir M. Padayachy. Pour ce dernier, ces chocs négatifs ont eu un impact sur la situation du chômage dans le pays et ont contribué au prolongement du ralentissement de l’activité économique. L’économiste de la MCCI est d’avis que le pays est dans un cercle vicieux avec un taux de croissance faible, une baisse de rentabilité des entreprises, des investissements, de la productivité et des recettes fiscales alors qu’entre-temps le déficit public est en hausse de même que le nombre de chômeurs, et que la consommation est en décroissance.
Étant donné que notre croissance effective est inférieure à notre potentiel, a poursuivi M. Padayachy, il y a des mesures à prendre pour corriger la situation et celles-ci relève d’une politique économique conjoncturelle. « Nous avons besoin d’un choc positif sur la demande pour casser ce cycle et nous remettre sur la phase ascendante. Cela passe nécessairement par une politique de relance à court terme ». M. Padayachy pense que l’obsession concernant la baisse de la dette publique n’a pas sa raison d’être en cette période de crise. Selon lui, un taux d’endettement public de 60 % par rapport au PIB est raisonnable. Il considère que la priorité pour l’économie mauricienne est de retrouver un taux de croissance supérieur à 5 %, cela afin de « pouvoir lutter contre tous nos maux, en particulier le chômage de masse, et ainsi, in fine, baisser le ratio de l’endettement public au PIB. »