« Comme nous l’avons toujours soutenu, la priorité macroéconomique doit être la croissance », a déclaré samedi le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval. C’était lors d’une conférence de presse en vue de faire un tour d’horizon de la situation économique du pays, des retombées de sa mission à Washington et des réactions engrangées par l’éclatement de nombreux cas d’arnaque financière.
Évoquant ses prévisions pour 2013 concernant le taux de croissance de l’économie mauricienne, le Grand argentier a laissé entendre que la situation locale sera affectée par le ralentissement de l’économie mondiale, mais que beaucoup dépend de la rapidité dans la mise en oeuvre des projets, en particulier ceux liés à l’infrastructure. « Je m’en tiens à la dernière estimation de 3,5 % faite par Statistics Mauritius. S’il y a lieu de la revoir, nous la ferons certainement », a déclaré Xavier-Luc Duval.
Se référant à l’estimation de la Mauritius Commercial Bank (MCB) rendue publique vendredi dans l’édition 54 de MCB Focus – les économistes du groupe bancaire tablent désormais sur un taux de 3,2 % au lieu de 3,5 % comme prévu en début d’année –, le ministre des Finances a laissé échapper : « Après tout, 3,2 % est quand même une bonne performance. » Pour Xavier-Luc Duval, ce que préconise la MCB dans son document en termes de mesures de réforme rejoint ce que le gouvernement a toujours préconisé pour l’éducation, les nouvelles technologies, les infrastructures et l’expansion des opérations en Afrique, ainsi qu’en termes d’innovation et d’amélioration de la productivité.
« Nous accueillons les suggestions de la MCB. C’est ainsi que nous voyons la collaboration entre les secteurs public et privé. C’est bien qu’on regarde dans la même direction. Le gouvernement est à la recherche de suggestions constructives et, à partir de là, il lui revient de faire de le choix final », a déclaré le Grand argentier. En faisant état des dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI), notamment de la révision à la baisse de la croissance mondiale et de la récession dans la zone euro, le ministre des Finances a observé qu’il est impossible que l’économie mauricienne ne ressente pas les effets néfastes de la récession économique européenne compte tenu du fait que notre économie dépend pour environ 60 % de l’Europe.
Selon les prévisions du FMI publiées dans le courant de ce mois, l’économie mondiale va enregistrer une croissance de 3,3 % contre 3,5 % estimé précédemment. L’Europe sera en récession (-3,3 %), la France et l’Italie reculant de 1,5 % alors que l’Allemagne pourra garder la tête hors de l’eau, mais avec une croissance plus faible. En Asie, l’Inde pourrait afficher un taux de 5,7 % alors que la Chine réaliserait 8 %. L’Afrique tiendrait le coup et dégagerait une croissance de 5,6 % mais, a fait ressortir Xavier-Luc Duval, « avec une base plus faible ».
Le ministre des Finances ajoutera que c’est en se basant sur l’évolution de la situation économique globale et ses retombées éventuelles sur Maurice, qu’un appel à la prudence, à l’effort et à la prise en compte de la fragilité de l’économie nationale avait été lancé lors de sa conférence de presse du 19 mars. « Environ 60-65 % de nos exportations sont tournées vers l’Europe. Près de 65 % de nos touristes proviennent des marchés européens. Des investissements directs importants ont aussi pour sources des pays européens. Vu la récession en Europe, il est impossible que l’économie mauricienne s’en sorte indemne », a-t-il fait ressortir.