Une délégation du Fonds monétaire international, menée par le chef de mission Martin Petri, se trouve à Maurice depuis la fin de la semaine dernière pour des consultations avec le gouvernement et le secteur privé. Les officiels, qui se sont entretenus avec des représentants du Joint Economic Council à la mi-journée, prévoit une “wrapping-up session” avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval mercredi avant son retour à Washington. Sur le plan national, l’appréciation de la roupie par rapport à l’euro est par ailleurs suivie avec appréhension par la Banque de Maurice qui appréhende les répercussions d’un euro sous la barre des Rs 35.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources concordantes indiquent que les principaux dossiers qui seront évoqués par cette mission du Fonds monétaire international (FMI) portent sur la politique de “targeting” de l’assistance sociale et de la politique de subventions des prix des denrées de première nécessité, le volet des fiscal issues – notamment l’évolution du déficit budgétaire au cours du présent exercice financier – et le comportement de la roupie dans le contexte de la crise de la zone euro et les options possibles pour faire face à la situation. Pour les besoins de cette courte mission après les Article IV Consultations du 11 au 25 janvier, les cinq membres de la délégation se sont scindés en deux blocs avec des mandats spécifiques en vue de rencontrer un maximum d’interlocuteurs.
Le FMI a ainsi eu des séances de travail avec des chargés de cours en économie de l’Université de Maurice. Ils prévoient également des discussions sur des « major fiscal issues » avec les Top Guns du ministère des Finances pour passer en revue l’évolution de la performance budgétaire depuis le début de l’année et revoir les prévisions du déficit budgétaire pour 2012 compte tenu de la dégradation de la situation économique en Europe.
Avec des rencontres prévues au National Pension Fund (NPF) et à la State Trading Corporation (STC), il est évident que la réforme dans le domaine de la politique d’assistance sociale constitue une des priorités de la mission Petri. La proposition qui reviendra lors de ces consultations concerne le “targeting” des subventions sur les prix des denrées de base – dont le riz et la farine – et le gaz ménager.
Dans ses analyses au sujet des subsides après les consultations sur l’économie en début d’année, le FMI est arrivé à la conclusion que « moreover, government-subsidized prices for rice, flour, cooking gas and transportation tend to be regressive. Subsidies administered by the State Trading Corporation (STC) on LPG, rice and wheat are significant […] . The richest 20 percent of the population typically receive a multiple of the subsidies that go to the poorest 20 percent, particularly for LPG, where the subsidy also partly undoes the government’s environmental agenda ».
Le rendez-vous avec la direction générale du NPF portera sur la réforme et permettra au FMI de faire le point sur la situation. En janvier dernier, la mission Petri a soutenu que « important steps include the completion of the Social Registry of Mauritius (an information system that would provide comprehensive data on existing and potential program clients) and replacing existing programs with a new absolute poverty benefit based on objective targeting criteria, as suggested by the Social Protection Review. The use of conditional cash-transfer schemes could also foster human capital accumulation and help to address skills mismatches in the labor market in the longer term. Staff believes that the form of the pension system, albeit difficult from a political economy perspective, could also yield positive results in terms of income distribution and sustainability of the system. Savings from better targeting could be deployed more effectively in the pro-poor sectors of primary and secondary education and health, where they would also partially benefit the non-poor, and contribute to human capital accumulation ».
Il faudra aussi s’attendre à voir le FMI procéder à une analyse du comportement de la roupie depuis le début de cette année. À ce stade, il est considéré comme étant prématuré de s’aventurer pour faire état d’un arbitrage du FMI entre la demande des opérateurs économiques – en particulier les exportateurs réclamant une intervention par rapport à la valeur de la roupie – et celle de la Banque de Maurice affirmant que tout “pegging” de la roupie est hors de question.
Depuis la fin de la semaine écoulée, le gouverneur de la Banque de Maurice ne cache toutefois nullement ses inquiétudes face à l’éventualité d’un euro sous la barre des Rs 35. Rundheersing Bheenick a fait un appel aux banques commerciales pour que les mesures nécessaires soient prises en vue de garantir les “exports earnings” de l’économie.