Les nouveaux groupes musicaux mauriciens qui se sentent suffisamment armés pour briguer leur place dans le créneau des musiques actuelles à l’étranger pourront, dès lundi, envoyer leur dossier de candidature pour jouer en showcase au premier Momix, la Mauritius music expo qui accueillera les 25 et 26 novembre, durant deux jours très intenses, des professionnels internationaux en quête de nouveaux sons. Après ces rencontres professionnelles, le One Live Festival prendra la relève pour présenter des groupes musicaux émergents ou confirmés au grand public. Affaire à suivre…
Davantage de concerts, plus de nouveau groupes proposant un parti pris créatif différent, des lieux dédiés à la musique dans différents points du pays… Les faits parlent, qui montrent qu’un frémissement est en train de se produire dans le monde musical mauricien. Certains professionnels du secteur en sont pour leur part tellement convaincus qu’ils créent des événements d’un nouveau type ou s’engagent dans des démarches d’échanges. La tenue du concert de finale du Prix Musiques de l’océan Indien, pour la première fois dans notre pays en octobre prochain, montre aussi qu’un regain d’intérêt se manifeste pour les professionnels curieux de créations originales.
Ici, Stéphan Rezannah, Jimmy Veerapen et Anne-Lise Violette, soutenus par l’IFM, et Amanda Mouëllic se sont posé une question toute simple, à la faveur de ce frémissement qu’ils entretiennent chacun à leur manière : nos nouveaux groupes sont-ils armés aujourd’hui pour affronter le marché international de la musique ? Le moment n’est-il pas venu de prendre des initiatives pour pousser le secteur et les institutions concernés à se professionnaliser ? Sans doute a-t-on trop souvent tendance à oublier que les moments d’exception, les festivals ou les rencontres professionnelles sont plus souvent les précurseurs ou les petites graines qui germent plutôt que le résultat d’une situation préétablie.
Stéphan Rezannah, le représentant du label Jorezbox, et Jimmy Veerapen, le producteur et organisateur d’événements, se sont associés pour créer et organiser le premier marché de la musique à Maurice, le Momix pour le premier, et le festival One Live qui va lui succéder. Si le marché musical est à la mesure de la petite taille du pays, le fait est que nous comptons de plus en plus d’acteurs dans le secteur et que, parmi eux, un certain nombre pourrait s’exporter pour peu qu’on les pousse à se professionnaliser et les aide à rencontrer les bonnes personnes.
Pour le label Jorezbox et Culture events, la chose est entendue depuis trois ans et le projet de création d’un marché de la musique mauricien, servant de plate-forme pour les talents émergents aptes à s’exporter sur le créneau de musiques actuelles, s’est peu à peu défini, jusqu’à ce que son nom commence à se susurrer : Momix comme Mauritius music expo…
Circuit indianocéanique
Le premier Momix destiné aux professionnels nationaux et internationaux se tient à l’Institut Français de Maurice (IFM) les 25 et 26 novembre prochains, immédiatement suivi, les 27 et 28 novembre, par le One Live Music Festival, qui accueillera le public au Caudan et au Café du Vieux Conseil. Pour le Momix, une convention de partenariat est d’ores et déjà fixée avec l’IOMMA (Indian Ocean Music Market), le marché de la musique de La Réunion, et l’IFM. « Il ne nous manque plus que le parrainage de l’État, précisait Stéphane Rezannah face à la presse jeudi dernier, et nous sommes confiants que ça ne va pas tarder. » Des accords ont également été conclus avec le festival Sakifo, l’IndiEarth Xchange (marché de musique et de films indépendants) de Chennai, en Inde, et le Libertalia Festival, à Madagascar, qui seront représentés au Momix.
Pour organiser des conférences, six ateliers de travail et une série de showcases de 40 minutes, pour neuf groupes (dont cinq mauriciens parmi les plus exportables et quatre groupes de la région, Inde comprise), les initiateurs de ce projet ont estimé leur budget à Rs 3 millions, qu’ils vont donc devoir trouver en trois mois, sachant que les postes billets d’avion et hébergements sont les plus importants. Pour les showcases, les organisateurs recherchent des groupes mauriciens qui présentent un potentiel créatif  intéressant dans le domaine de la musique actuelle, mais cela ne suffit pas. « Nous avons besoin de groupes structurés qui ont un manager, un producteur et un label, déjà un album ou un single à leur actif, ainsi bien sûr qu’une expérience de la scène avec la vidéo qui pourra en témoigner. » Leur formation ne doit pas excéder six membres.
Les groupes sélectionnés devront tenir le public en haleine pendant 40 minutes en novembre et susciter l’intérêt des professionnels étrangers présents… Ils seront pour cette raison choisis sur candidature par un jury indépendant composé d’Éric Triton, Shenaz Patel, Philippe Thomas et Amanda Mouëllic. Les candidatures s’effectuent intégralement en ligne sur le site du Momix (www.momix.mu) du 20 juillet au 30 août. Les délibérations se concluront le 10 septembre. Seule activité ouverte au public, ces showcase pourront aussi être vus par plus de 100 personnes qui bénéficieront de billets gratuits.
Les 27 et 28 novembre, le One Live Festival proposera un plateau gratuit au Caudan réservé aux jeunes formations qui cherchent à se faire connaître, et un plateau payant au Café du Vieux Conseil, qui accueillera des professionnels de Maurice et de la région. Les groupes ayant confirmé leur participation sont notamment Silo de Madagascar, Manyok de Rodrigues, et Cassiya, Tritonik, Mulaeo et Electrocaine, tous quatre de Maurice. D’autres les rejoindront sous les regards affûtés de Jimmy Veerapen et Stephan Rezannah.