Le Deputy Managing Director du Fonds monétaire international (FMI), le Chinois Min Zhu, sera en mission officielle à Maurice du jeudi 26 au samedi 30 juin. Ce déplacement de l’adjoint de Christine Lagarde dans l’océan Indien s’inscrit dans une double perspective, soit insuffler un nouvel élan à l’Africa Training Institute, qui est basé à la Banque de Maurice, et renouer les relations avec Madagascar après le retour de cette économie dans la voie démocratique.
Au cours de son séjour à Maurice, le N° 2 du FMI aura des séances de travail avec des membres du gouvernement, dont le Premier ministre et ministre des Finances suppléant, Navin Ramgoolam, à moins qu’entre-temps un Grand Argentier soit nommé pour succéder à Xavier-Luc Duval au sein du gouvernement. Le tour d’horizon au Prime Minister’s Office aura pour toile de fond les recommandations des dernières Article IV Consultations du FMI rendues publiques en début d’année.
Des indications officielles en provenance du QG du FMI à Washington DC avancent que le Deputy Managing Director est attendu à Maurice le 26 dans le cadre des manifestations officielles marquant l’Unveiling of the Africa Institute pour cette région d’Afrique, dont le siège est à la Bank of Mauritius Tower. L’AFRITAC Sud, qui a ouvert ses portes à Port-Louis en juin 2011, dessert 13 pays d’Afrique australe, à savoir l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, les Comores, le Lesotho, Madagascar, Maurice, le Mozambique, la Namibie, les Seychelles, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe. Min Zhu avait déjà fait le déplacement à Maurice à cette occasion.
Le FMI souligne que les centres régionaux d’assistance technique en Afrique s’inscrivent dans l’initiative pour le renforcement des capacités en Afrique, créée par le FMI en mai 2002. Cette initiative fait suite à un appel lancé par les dirigeants des pays d’Afrique, dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), et favorise le renforcement des capacités des pays africains à formuler et mettre en oeuvre leurs stratégies de réduction de la pauvreté, ainsi qu’à mieux coordonner l’appui technique donné au renforcement des capacités dans le processus d’élaboration des Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP).
Un autre volet de la mission du Deputy Managing Director du FMI devrait être de nature bilatérale avec des discussions axées sur la performance et les perspectives de l’économie mauricienne dans la conjoncture. À ce titre, les recommandations de la mission Martin Petri en début d’année sous les Article IV Consultations devrait servir de document de base aux éventuelles discussions. Dans son analyse, le FMI avait identifié les facteurs de risques et ajouté que « key risks relate to the ability to achieve the targeted medium-term fiscal adjustment and the need to resist spending pressures ahead of elections », devant se dérouler normalement en 2015, à la fin du présent mandat.
Le FMI s’appesantit sur la nécessité de poursuivre dans la voie d’une accélération de la réforme économique même en période électorale et met l’accent sur l’importance d’un meilleur contrôle des dépenses publiques. « IMF Staff suggested advancing some fiscal consolidation into 2014. Delaying fiscal adjustment into 2015 as currently planned will make it harder to achieve the primary fiscal balances needed to address external imbalances, and reduce debt vulnerabilities. In fact, staff currently projects debt to be on a declining path, but that the 2018 debt law target of 50 percent of GDP would be missed. Moreover, fiscal adjustment has been postponed in previous years already », rappelle le FMI dans le document official rendu public au début de mai dernier.
Un autre paramètre économique qui suscite des appréhensions de la part du FMI porte sur la montée de la dette publique, qui est nettement au-dessus de la barre des Rs 200 milliards depuis le début de l’année. « After expenditure increases in 2013, the 2014 budget keeps spending at historically high levels, above the levels consister with acheiving the 2018 debt limit. However, the medium-term budget includes fiscal adjustment starting in 2014. While the public debt stick, at around 60 percent of GDP in gross, undiscounted terms, is somewhat high for an emerging economy », avertit la mission Petri du FMI.
Les prochains échanges entre le Deputy Managing Director du FMI, qui doit subséquemment se rendre en mission officielle à partir du samedi 28 pour renouveler les engagements du FMI avec la Grande Île après une rupture de cinq ans, aura pour principal effet de ramener le dossier de l’économie de Maurice à l’avant-plan. Il n’est un secret pour personne que lors de ce premier trimestre « economy has been playing second fiddle » à des négociations en vue d’une alliance électorale entre le Parti travailliste et le MMM.