Jack Bizlall, invité à un « high level workshop on the global financial crisis and its impact on the Mauritian economy » du National Economic and Social Council (NESC), n’a pas hésité lors de son allocution à exprimer sa pensée, quitte à susciter un certain malaise parmi l’assistance.
« Ce conseil n’est pas bien considéré par le gouvernement, beaucoup plus d’argent aurait dû y être injecté. Il aurait dû rassembler les meilleurs éléments du pays, les intellectuels organiques du secteur privé, de la politique… » L’atelier avait lieu hier au Domaine Les Pailles. Les autres intervenants étaient Ganesh Ramalingum (A Business Sector Perspective), Georges Chung Tick Kan (An economic perspective) et Tourya Prayag (A Civil Society Perspective).
Les diverses présentations devaient faire le résumé de la crise : cupidité, le fait de dépenser plus que l’on gagne, défaitisme ambiant, notamment. Et de donner, par moment, l’impression de refaire le monde et de tenter de redéfinir la politique internationale, de philosopher sur les conséquences de la « crise ». Mais les orateurs n’auront que très peu abordé la question de l’impact sur l’économie mauricienne.
Jack Bizlall, évoquant une certaine « dissonance » dans la manière de traiter ces sujets à Maurice, a formulé sa critique de l’intellectuel mauricien : « Nos intellectuels souffrent par anticipation de la maladie d’Alzheimer ». Et de dénoncer la politique éducative basée sur l’insertion au lieu de « l’assertion ».
Au final, le high level workshop aurait pu paraître infructueux, trop souvent penché dans la rétrospective, ou encore en se contentant de concepts. C’est en outre l’aspect social qui semble en avoir pâti.