Statistics Mauritius a, pour la 2e fois consécutive, corrigé à la baisse son estimation de la croissance économique pour 2013. Ramené en mars 2013 à 3,5% (par rapport à une prévision de 3,7% annoncée en décembre 2012), le taux de croissance, selon les données publiées ce matin par Statistics Mauritius, s’élèverait cette année à 3,3%, comme en 2012. Le secteur sucrier devrait renverser la vapeur en 2013 avec une croissance de 3,2%, mais celui de la construction s’enfoncerait davantage avec une contraction de 7,7%, au lieu de 6,9%, comme annoncé il y a trois mois. Les autres secteurs clés – tels les services financiers, le tourisme et les TIC – enregistreront des taux de croissance inférieurs aux estimations précédentes.
Statistics Mauritius anticipe une bonne reprise dans le secteur sucrier pour 2013. Après un repli de 7,3% l’année dernière, la croissance de ce secteur avoisinerait les 3,2% cette année grâce à une production de l’ordre de 425 000 tonnes de sucre (raffiné et spécial). Le secteur manufacturier en général progressera de 2,1%, soit légèrement moins qu’en 2012 (2,2%). Le textile et l’habillement devraient, à la lumière de leur performance au cours du premier trimestre 2013, réaliser un taux de croissance de 2%, comme annoncé précédemment. L’industrie du traitement de produits alimentaires maintiendrait également sa progression à 2,2%, mais à un niveau plus faible que celui réalisé en 2012 (7,6%).
Selon Statistics Mauritius, le secteur de la construction subirait un plus fort repli comparativement à ce qui avait été annoncé en mars 2013. Les dernières indications sont que la contraction atteindrait 7,7%, contre -3% en 2012. Ces changement résultent en grande partie « by completion of major projects such as airport extension and shopping complex in 2012 coupled  with rescheduling of road decongestion projects », précise Statistics Mauritius. De son côté, le secteur touristique ne pas pouvoir attirer un million de touristes cette année. Les arrivées sont désormais estimées à 990 000 et les revenus touristiques se monteraient à Rs 46,1 milliards, contre Rs 44,4 milliards en 2012. La croissance de ce secteur sera d’environ 2,5%. Les taux de croissance des secteurs des services financiers (incluant le secteur bancaire) et des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) ont également été revus à la baisse. On  s’attend à une croissance de 5,5% dans les services financiers, contre 5,7% annoncé en mars 2013. Dans les TIC, une progression de 8,2% est anticipée, au lieu de 8,6%.
Pour ce qui est des investissements, Statistics Mauritius indique que, sur la base des informations disponibles concernant les projets en cours et à venir, le montant global se chiffrerait à Rs 83 milliards, soit une hausse de 4,9% en termes nominaux, mais en termes réels, une croissance négative de 0,1% est prévue. La situation reste inconfortable vu qu’en 2012, un recul de 0,8% avait été noté. Se référant à l’investissement privé, une croissance de 1,9% est attendue cette année après un repli de 1,9% l’année dernière. L’investissement public, en revanche, se contractera de 6,4% après une performance positive en 2012 (+2,9%).
La part des investissements privés dans les investissements totaux passerait de 76% à 77,5% alors que celle des investissements publics, elle, reculerait de 24% à 22,5%. Statistics Mauritius prévoit que les investissements dans les bâtiments résidentiels vont rebondir : +9,1% en 2013 par rapport à -4,5% en 2012. Les investissements dans les bâtiments non résidentiels et autres chantiers vont se contracter de 15,4% et 27,5% respectivement. Cependant, on annonce que l’investissement en machines/équipements vont reprendre en 2013 (+18%), et ce surtout grâce à l’entrée en opération d’une nouvelle usine de traitement de produits de la mer et la mise en service de nouveau bateaux de pêche.
Par ailleurs, les données officielles font état d’une augmentation en termes réels de 2,8% des dépenses des ménages et du gouvernement cette année, soit le même taux qu’en 2012. Le taux de l’épargne nationale va reculer davantage, passant de 15,1% à 14,8%.