La Banque mondiale a, dans un rapport (Perspectives pour l’économie mondiale) publié durant le week-end, revu à la baisse l’estimation qu’elle avait faite en janvier dernier concernant la croissance de l’économie mauricienne. La BM table sur un taux de 3,4 % au lieu de 3,5 % pour 2017, une prévision bien inférieure à celle annoncée par le Fonds monétaire international et les autorités locales, plus précisément la Banque de Maurice et Statistics Mauritius.
Le document de la BM fait également état d’une correction à la baisse de la croissance pour 2018 et 2019. Alors que dans un premier temps, l’institution financière avait projeté un taux de croissance de 3,8 % pour les deux prochaines années, les nouvelles projections sont les suivantes : 2018 : 3,5 % et 2019 : 3,3 %. Il faut signaler que le FMI avait estimé, dans un rapport rendu public en avril dernier sur les perspectives économiques mondiales, que la croissance 2017 serait à 3,9 % et celle de 2018 à 4 %. Quant à la BoM et Statistics Mauritius, elles ont estimé que l’économie mauricienne devrait croître de 3,9 % cette année.
Passant en revue la situation en Afrique subsaharienne, le rapport de la BM annonce que la croissance, qui s’est élevée à environ 1,3 % en 2016, devrait s’accélérer pour atteindre 2,6 % en 2017 et 3,2 % en 2018 grâce à une augmentation modérée des prix des produits de base et aux réformes visant à corriger les déséquilibres macroéconomiques. La production par habitant devrait toutefois se contracter de 0,1 % en 2017 avant d’enregistrer une modeste croissance de 0,7 % sur la période 2018-19. « À ce rythme, la croissance ne sera pas suffisante pour permettre d’atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté dans la région, surtout si les obstacles à une expansion plus robuste persistent. La croissance sud-africaine se renforcera pour atteindre 0,6 % en 2017 puis 1,1 % en 2018. Le Nigeria devrait passer d’une situation de récession à une croissance de 1,2 % en 2017, puis de 2,4 % en 2018. La croissance des pays pauvres en ressources naturelles devrait rester solide, soutenue par l’investissement dans les infrastructures, la résilience du secteur des services et la reprise de la production agricole », souligne la BM. Certains pays pourraient réaliser des taux de croissance très flatteurs : l’Éthiopie 8,3 %, la Tanzanie 7,2 %, la Côte d’Ivoire 6,8 % et le Sénégal 6,7 %.
Pour ce qui est de l’économie mondiale, la croissance, soutient la BM, devrait se raffermir cette année pour atteindre 2,7 %, contre 2,4 % en 2016. On s’attend à une reprise des activités manufacturières et des échanges commerciaux, à un regain de confiance sur les marchés et à la stabilisation des prix des produits de base qui, ajoute la BM, permettront aux pays émergents et en développement ainsi qu’aux exportateurs de renouer avec la croissance. « La nouvelle rassurante, c’est la reprise des échanges commerciaux », constate Paul Romer, économiste en chef de la BM, qui a déjà visité Maurice dans le passé. « Le problème, c’est que l’investissement reste faible. C’est pourquoi nous modifions nos priorités de financement sous forme de prêts au profit de projets susceptibles de stimuler des investissements de suivi de la part du secteur privé », fait-il ressortir.
Par ailleurs, dans un rapport intitulé « Perspectives économiques en Afrique 2017 » et préparé conjointement par la Banque africaine de développement, l’OCDE et le Programme des Nations Unies pour le développement, mention est faite d’une prévision d’un taux de croissance économique de 3,5 % pour Maurice en 2017 et de 3,8 % en 2018. La croissance du Produit intérieur brut réel par habitant serait de 3,2 % cette année et de 3,5 % en 2018. Le taux d’inflation pour 2018 est estimé à 2,5 % et s’élèverait à 2,7 % l’année prochaine.
Ce rapport fait remarquer que l’économie mauricienne a connu une croissance modérée estimée à 3,6 % en 2016 contre 3,4 % en 2015, « reflétant une légère augmentation de l’investissement inférieur pratiquement neutralisée par une demande extérieure atone ». Il ajoute que « la stabilité politique et la bonne gestion macroéconomique continuent d’inspirer confiance aux investisseurs » et que « l’amélioration des compétences et des niveaux de productivité devrait permettre au pays d’être plus compétitif et innovant ». Les auteurs du rapport annoncent que les autorités « sont déterminées à promouvoir l’industrialisation et l’entrepreneuriat pour favoriser une croissance économique durable et accroître sa compétitivité ».