Les dernières prévisions de croissance pour 2014 par Statistics Mauritius, publiées officiellement en cours de matinée, ne devraient nullement surprendre le monde des affaires. En effet, le taux de croissance a été révisé à la baisse, de 3,7 % à 3,5 %, soit dans la fourchette de la performance de 3,2 % à 3,6 % enregistrée au cours de ces dernières années.
Des observateurs économiques avancent que le prochain exercice concernant les National Accounts devra s’avérer encore plus déterminant vu que ces données porteront sur l’évolution de l’économie au cours des neuf premiers mois de l’année, soit à deux mois de la présentation du budget 2015, si entre-temps les élections générales anticipées avec ses effets mitigés sur les activités économiques ne sont pas passées par là. L’indicateur le plus préoccupant demeure les investissements, le véritable moteur de la croissance, qui ne semble nullement décoller en dépit d’un coup de pouce du secteur public.
Le dernier bilan économique dressé par Statistics Mauritius confirme la révision à la baisse de la croissance pour cette année, qui était présentée initialement comme celle de la sortie de crise. Les 3,5 % annoncés s’expliquent par des ajustements au niveau des principaux secteurs économiques, dont le secteur manufacturier, qui devra enregistrer une croissance ralentie de 1,7 % contre des prévisions initiales de 2,4 %. La morosité sera encore de mise dans l’industrie du bâtiment, avec une décélération de 4,8 %, moins défavorable que les 9,4 % de l’année dernière. Mais ces 4,8 % viennent confirmer la détérioration dans le secteur de la construction car en début d’année, les projections étaient d’une baisse de 3 %. La fin des plus importants chantiers de construction et l’absence de nouveaux projets mobilisateurs d’investissements sont à la base de la passe extrêmement difficile dans laquelle se trouve ce secteur économique.
Les dernières prévisions de Statistics Mauritius sont basées sur les hypothèses suivantes :
– agriculture avec une progression de 7,4 %, soit nettement supérieure aux 0,4 % de 2013, une production de 415 000 tonnes de sucre raffiné et de sucres spéciaux, soit une croissance de 1,9 % contre une décroissance de 1,9 % en 2013 et un véritable tour de force dans le secteur du Seafood Hub, affichant une croissance robuste de 10 % cette année contre 1,7 % l’année dernière ;
– le secteur manufacturier littéralement en berne, avec une projection de 1,7 % en 2014 contre 4,4 % l’année dernière, malgré une légère reprise dans la production sucrière, dans le food processing avec 3 % contre une croissance négative de 0,3 % en 2013, une baisse de 2,6 % à 1,5 % dans la performance du textile et un rebond nominal dans les export oriented enterprises.
La situation dans les autres secteurs économiques mise sur une croissance de 3,5 % dans le tourisme avec des arrivées de 1 030 000 et des recettes brutes de Rs 44,5 milliards contre Rs 40,6 milliards l’année dernière, un ralentissement de 6,9 % à 6,5 % dans les TIC et le statu quo à hauteur de 5,3 % dans les services financiers.
En termes réels, le niveau des investissements chutera de 0,8 % cette année par rapport à l’année dernière suite à la baisse de 6,7 % de l’année dernière. « Investment rate would decrease to 20,7 % from 21,2 % in 2013 », note Statistics Mauritius. La chute dans la construction est estimée à 4,2 %, dont 4,8 % dans la construction résidentielle et 18,2 % dans les activités non-résidentielles. « On the other hand, other construction work is expected to recover by 17,7 % after a contraction of 21,4 % in 2013. The recovery in 2014 would be mainly due to investment in the public sector », confirment les projections officielles.
Les perspectives dans le secteur privé ne sont guère brillantes avec Statistics Mauritius soutenant que « in real terms, public sector investment is expected to decline by a further 3,7 % after a contraction of 2,8 % en 2013 ». Par contre, les investissements publics devront progresser de 13,7 % cette année après une baisse de 4,9 % l’année dernière. Les investissements publics devront se faire dans les travaux d’extension aux quais du Mauritius Container Terminal, les travaux additionnels sur le chantier de Bagatelle Dam et l’acquisition d’un nouveau bateau patrouilleur.
Dans son intervention en tant que Chief Guest au dîner annuel de la Chambre de Commerce et d’Industrie, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, s’est appesanti sur l’importance des investissements et les efforts déployés par le gouvernement pour les doper. « As you may be aware Government has set up an Investment Project Fast track Committee chaired by the Financial Secretary precisely with the objective to accelerate the implementation of large investment projects, expedite the processing of permits and clearances, advise on policy matters and provide institutional coordination. The committee has already reviewed 20 projects with the relevant ministries and authorities. Alleviating regulatory and administrative constraints has significantly improved investment prospects. Significant projects worth Rs 30 billion have already been considered by the Committee », a-t-il déclaré.
Navin Ramgoolam a aussi fait état de projets avec des investissements de Rs 20 milliards actuellement à l’étude. Il a ajouté que les projets facilités par le Fast Track Committee devraient injecter au sein de l’économie des Foreign Direct Investments de Rs 2,5 milliards avec 1 300 nouveaux emplois créés dans des secteurs comme la manufacture, la construction, le tourisme et les services financiers cette année.