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Une étude de la Banque mondiale sera entreprise sur l’amélioration de la compétitivité de l’industrie cannière. C’est l’accord qui a été signé ce matin entre le ministre de l’Agro-industrie, Maneesh Gobin et Mark Lundell, Country Director de la Banque mondiale pour cette partie de l’Afrique.

Selon le Country Director qui avait à ses côtés Erik Von Vexxüll, Country Representative pour Maurice, des consultations se dérouleront entre les différents acteurs afin de cerner les différents problèmes auxquels fait face cette industrie. L’objectif est d’aider celle-ci à accéder à un nouveau pallier de son développement afin de devenir plus compétitive sur le marché international.

Mark Lundell devait souligner que l’industrie sucrière « joue un rôle très important » dans l’économie du pays, dans la société et la protection de l’environnement. L’industrie sucrière dans le monde, surtout dans les pays tels Maurice, est soumise à une pression considérable en raison de la fluctuation du prix du sucre sur le marché international et la compétition féroce, dit-il. En sus de cela, depuis 2017, Maurice ne jouit plus d’une préférence dans ses exportations vers l’Union européenne.

« La pression s’est ainsi accentuée sur les producteurs à Maurice. L’île Maurice a quand même fait des efforts pour répondre à ce nouveau défi sur le marché mondial. Cependant, ces efforts ont accentué la pression sur les ressources fiscales et les producteurs sur leur capacité à répondre aux exigences de la nouvelle donne économique. Cela a quand même entraîné dans son sillage la fermeture d’un certain nombre de sucreries », a-t-il dit.

Avec la baisse de la production de sucre, la productivité dans ce secteur est en déclin. Cependant, avec les sucres spéciaux et la production de l’électricité et les produits dérivés, cette industrie continue de mener sa barque à bon port.

« L’industrie sucrière demeure toujours une importante activité dans les régions rurales. Elle représente une importante quantité de terre sous culture de la canne. Elle représente aussi 40% de nos revenus à l’exportation et 13,8% de la production énergétique du pays. En sus de cela, celle des efforts pour réduire l’utilisation du charbon pour la production de l’électricité », a-t-il fait ressortir.

Du point de vue économique et environnemental, « il est plus que jamais nécessaire de mettre au point une politique menant au développement de cette industrie à court et à long terme tout en prenant en considération l’environnement et l’avantage de la compétitivité mauricienne. »

La Banque mondiale est en présence d’une requête du gouvernement de Maurice et d’autres acteurs de l’industrie sucrière pour entreprendre une “competitiveness analysis” afin de les aider à avoir une vision sur la transition de l’industrie sucrière.

« La Banque mondiale soutiendra le gouvernement et les différents acteurs de cette industrie pour réaliser cette étude. Nous allons proposer des options nécessaires pour mener à bien cette transition. Nous allons ainsi effectuer ce travail pendant une durée de 12 mois. En prélude de la signature de cet accord, nous avons déjà démarré un travail sur le terrain depuis l’année dernière. Je suis très anxieux de démarrer ce travail avec la signature de cet accord. Tout le monde est motivé. De notre côté, nous avons plusieurs spécialistes pour traiter ce dossier, dont des économistes, des spécialistes en matière d’environnement et d’autres dans le domaine de l’agriculture », a déclaré Mark Lundell.

Le ministre de l’Agro-industrie, Maneesh Gobin, a pour sa part souligné que le gouvernement apportera « tout son support » à la Banque mondiale pour mener à bien cette étude.