Après l’épisode de Ponzi Schemes avec un préjudice de plus de Rs 1 milliard, la Banque de Maurice met en garde en cette fin d’année contre un autre craze monétaire, le Bitcoin ou encore les monnaies virtuelles. Dans une sévère mise en garde émise hier par le truchement d’un communiqué publié sur son site internet, la Banque Centrale fait un appel aux Mauriciens en vue d’exercer la prudence dans les transactions sur la base de ces monnaies électroniques. Presque en même temps, la presse internationale faisait état d’un mini-krach sur ce marché avec la bitcoin perdant la moitié de sa valeur suite à des mesures d’ajustement adoptées par la République populaire de Chine.
Les préoccupations de la Banque de Maurice sont réelles dans la conjoncture même si très peu de détails ont transpiré quant au volume de placements des Mauriciens dans cette monnaie virtuelle à ce stade. « The Bank of Mauritius is concerned about the emergence and growing popularity of virtual currencies, such as the Bitcoin, as these are unregulated digital money that are not issued or guaranteed by any Central Bank », note le communiqué.
Poursuivant cette mise en garde, la Banque Centrale demande au public en général, tenté par les gains faciles dans ces transactions, d’exercer une extrême prudence et vigilance et souligne que les consommateurs ne bénéficient d’aucune protection contre des risques « when using virtual currencies as a means of payment of for investments purposes and may be at risk of losing their money ».
« Members of the public need to be aware of the risks associated with such unregulated virtual currencies, which do not provide the same protection as hard or real money. The exchange platforms for these currencies also tend to be unregulated and do not give the same safeguards as regulated ones », ajoute la Banque de Maurice. Les autres risques évoqués par la Banque Centrale portent sur les fluctuations dans le taux de change de ces monnaies virtuelles et aussi « the high degree of anonymity of these virtual currencies which could be misused for criminal activities, including money laundering ».
En parallèle, des développements inquiétants ont fait surface sur le plan international. Ainsi, le quotidien français Libération fait état de l’information que depuis hier « la monnaie virtuelle bitcoin a plongé de près de 50% mercredi, un mini-krach provoqué par des mesures restrictives supplémentaires en Chine où la principale plateforme d’échanges refuse désormais de nouveaux dépôts de ses usagers ». Ainsi le cours du Bitcoin est passé à 340 dollars, une dégringolade de 46 % par rapport à son cours le plus haut des dernières 24 heures dans le sillage de la réaction des spéculateurs chinois.
Rappelons que cette « e-monnaie », inventée en 2009 et émise à partir de codes informatiques complexes, peut être stockée dans des portefeuilles électroniques et échangée de gré à gré via des plateformes sur internet contre des devises réelles, sans passer par le système bancaire.