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Bien que Maurice soit considérée comme une “Full Democracy”, selon le dernier rapport de l’Economist Intelligence Unit ( EIU) en Afrique subsaharienne, le pays a perdu des points depuis 2017. Le score de Maurice est en effet de 8,22 points pour 2017 et 2018, alors qu’en 2016 ce dernier était de 8,28 points. Notre pays perd ainsi une place dans ce classement et se situe désormais à la 17e place au niveau mondial.

Maurice est en outre considérée comme le seul pays démocratique d’Afrique subsaharienne et obtient en outre un score de 8,21 points s’agissant du fonctionnement du gouvernement et de 5,56 points au niveau de la participation politique. Dans ce document de 68 pages, il est mis en évidence que les scores obtenus par Maurice ont tendance à fluctuer après les élections générales. Ainsi, le pays affiche un score de 8,04 points de 2006 à 2011, avant qu’une amélioration soit notée de 2012 à 2016, pour enfin rechuter à partir de 2017.

Selon l’observateur politique et ancien ministre de l’Éducation Dharam Gokhool, ce score démontre de « l’affaiblissement de la démocratie » dans le pays. « Lorsque nos institutions fonctionnent correctement, elles reflètent le bon fonctionnement de notre démocratie au niveau international. Ce qui s’est passé avec l’ex-présidente de la République, mêlée à des histoires ayant entraîné sa démission, le traitement accordé à l’opposition au Parlement, l’influence du gouvernement sur la police et, maintenant, l’ICAC, qui a changé de position dans l’affaire MedPoint au Privy Council, démontrent que notre démocratie s’est affaiblie », dit-il, ajoutant que le rôle de l’ICAC est « important pour la démocratie ».

Dharam Gokhool regrette en outre que les professionnels opérant au service de l’État « sont silencieux », prenant l’exemple de l’Université de Maurice (UoM), « où les professionnels ne réagissent pas sur des sujets importants ». Selon lui, le vice-chancelier de l’UoM aurait en effet « dû s’exprimer sur la mesure du gouvernement de rendre gratuite l’éducation tertiaire ». Pour lui, cette mesure « affectera davantage les universités publiques, dont les fi nances sont déjà dans le rouge ».

De son côté, Faizal Jeerooburkhan, de Think Mauritius, estime qu’on doit « se considérer chanceux de ne pas avoir dégringolé dans ce classement, compte tenu de tout ce qui se passe ». Et de poursuivre : « Nous n’avons pas de transparence dans les affaires du pays. Personne ne rend compte de ce qu’il fait. Si nous parlons de la démocratisation de l’économie, c’est avant tout aider les petits copains et copines pour qu’ils deviennent riches en peu de temps », dit-il. Selon ses analyses, le pays fait face « au communalisme, au castéisme et au “noubanisme” ». « S’agissant des droits de l’homme, nous observons qu’ils sont bafoués pour certaines personnes », fait-il ressortir.

Prenant en considération l’installation des caméras de surveillance à travers le pays, Faizal Jeerooburkhan soutient par ailleurs que « nous serons surveillés à outrance ». Cette baisse dans le score de Maurice depuis 2017, dit-il, « reflète le fait que les institutions ne fonctionnent pas et que la population n’a pas le droit de participer aux affaires du pays ». À noter que, selon le classement, la Norvège est le pays le plus démocratique au monde, avec un score de 9,87 points. Les États-Unis, eux, se classent à la 25e position, avec 7,96 points et sont dans la catégorie “Flawed democracies”. La Corée du Nord, de son côté, ferme le classement à la 167e place.

Selon le rapport, les pays de l’OCDE et ceux de l’Europe du Nord et d’Amérique du Nord sont « démocratiques ».