Bientôt disponible le livre « Ravenel Intendant de Suffren aux Indes », signé Daniel Lesguillier. Ce dernier ressuscite une figure glorieuse mais méconnue de l’histoire de la marine française de l’ère coloniale. Il s’agit de Gaud Louis de Ravenel, qui après les campagnes des Indes auprès de Suffren, est revenu à l’Isle de France (aujourd’hui Maurice) comme capitaine du port. Il y restera trente-huit ans. En 1997, la Marine française et les autorités mauriciennes lui ont rendu les honneurs au lieu de sa sépulture au cimetière de Saint Julien à Flacq. Sa tombe est classée monument historique.
Le livre, riche de 180 pages, nourries de reproductions en couleur des tableaux, cartes et pièces d’archives, présente, avec une rigueur historique, la vie passionnante d’une famille de marins granvillais. En effet, l’ouvrage de Daniel Lesguillier remonte l’ascendance de Gaud Louis de Ravenel (1747-1824) et consacre une bonne trentaine de pages au père, Siméon Ravenel (1724-1771), à qui le premier nommé doit son surnom de « L’incorruptible » dans la Marine. Cette note dans l’introduction historique du livre résume bien ce que Gaud Louis doit à son père : « A partir de 1764, Siméon formera son fils aîné Gaud Louis sur ses navires morutiers en le mettant à l’épreuve des éléments de l’océan Atlantique. Mais surtout il lui forgera une éthique de probité et d’honneur que son fils conservera tout au long de sa vie. »
De l’océan Atlantique Gaud Louis de Ravenel écumera ensuite, à la faveur de la campagne de Suffren aux Indes, l’Océan Indien. De ce fait, ce livre, où la vie et l’oeuvre de ce marin granvillais se taillent la part du lion, traite forcément de l’histoire sur un siècle, de l’Atlantique et de l’océan Indien.
Si le père, Siméon Ravenel, capitaine et armateur à la pêche morutière, et par ailleurs corsaire, devient capitaine de brûlot, le plus haut grade des officiers roturiers plus connus comme les officiers bleus, le fils, Gaud Louis de Ravenel y connaîtra une carrière remarquable en tant qu’officier chargé de l’intendance où il s’illustre plus particulièrement sous les ordres de Suffren dans la glorieuse campagne des Indes de 1781 à 1783 en tant que négociateur avisé. Blessé sur le Héros, navire amiral de Suffren lors des combats où il commande la seconde batterie, il recevra la Croix de Saint Louis et Suffren dira de lui : « Si j’ai des succès dans l’Inde, c’est grâce à Ravenel. »
A Versailles, après présentation du bilan de l’escadre, tache qui lui prendra trois années, Ravenel sera reçu par Louis XVI qui l’anoblira. Nommé capitaine de vaisseau, il retourne à l’Ile de France et s’installe au Port-Louis, base navale et « nid de corsaires »en pleine guerre avec l’Angleterre. Il participe à la vie militaire, puis politique et économique de l’île jusqu’en 1810. Après la capitulation, il réside sur l’île où il est inhumé en 1824 au cimetière Saint Julien, quartier de Flacq.
Entre-temps sa fille Sophie a épousé, en 1805, le général de division Lubin Vandermaesen. Ce dernier dirigera, aux côtés du Gouverneur Général Decaen, les dernières vaines tentatives de repousser les Anglais en décembre 1810. Vandermaesen sera tué trois ans après au combat en Espagne. Son nom figure avec les 659 « braves »sur l’Arc de Triomphe de l’Etoile à Paris.
Il faut saluer Michèle et Daniel Lesguillier pour les recherches effectuées en France et à l’île Maurice, ce qui leur a permis de mettre en lumière la très riche carrière de Siméon et de Gaud Louis, de Ravenel, « Officiers granvillais dans la Marine Royale au XVIIIe siècle ». Le livre est disponible à Rs 1 000 l’exemplaire à la Société de l’Histoire de l’Ile Maurice (676-6034), aux jours ouvrables (les mardis, mercredis et jeudis), et en librairie. On peut aussi commander par e-mail : tamarin98@yahoo. com
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Les Ravenel à l’honneur à « 2011, année des Outre-mer »
Le Musée du Vieux Granville s’est associé à cette manifestation nationale en France, sous la thématique « 2011, année des Outre-mer », une occasion unique a été donnée à la France de mettre en valeur l’extraordinaire richesse artistique et culturelle des territoires ultramarins dont l’apport à la culture française est inestimable et mérite d’être mis en lumière) en proposant une exposition consacrée aux Ravenel. Leur destin rappelle en effet la contribution de la Marine et des territoires d’Outre-mer dans l’histoire de France.
De Terre-Neuve à l’océan Indien, l’exposition s’est attachée à faire découvrir la vie de ces deux marins, l’histoire maritime du XVIIIème siècle, la campagne des Indes, et la vie à l’île de France, connue aujourd’hui sous le nom de l’île Maurice. Musées, depôts d’archives et Amis du Musée de la Marine ont bien voulu répondre aux sollicitations de la ville de Granville, la ville natale des Ravenel, pour valoriser leurs collections. Ainsi, les visiteurs ont pu faire connaissance avec cinq tableaux connus du musée national de la Marine, des cartes de la Bibliothèque nationale de France, de nombreux documents des Archives nationales, et des modèles prêtés par les Amis du Musée de la Marine.
Le livre signé Daniel Lesguillier est un véritable catalogue de l’exposition. Soulignons que les recherches effectuées par Michèle et Daniel Lesguillier en France et à l’île Maurice pour l’exposition d’abord et le livre ensuite, ont duré cinq bonnes années. Daniel Lesguillier est rédacteur en chef de la revue NEPTUNIA (administrateur des Amis du Musée de la Marine). Il est joignable au dlesguillier@yahoo. fr