En 275 pages, dans «Hier encore… Souvenirs et anecdotes», qui vient de paraître, Karl Mülnier conte pour ses lecteurs une foule d’histoires «vécues ou reçues de source sûre»qui ont le don de faire revivre événements et modes de vie ayant eu cours au siècle passé, d’une époque naturellement révolue, rendue vivante grâce à la puissance évocatrice de la plume de l’auteur. Le livre est disponible chez Bookcourt et Les Trèfles à Rs 500 l’exemplaire.
Dans une brève sur l’auteur, sa démarche et son style, en quatrième de couverture, on trouvera de quoi se convaincre pour se procurer un exemplaire de ce trésor de livre: “Né à Rose-Hill en 1928, l’auteur, écrivant comme il parle, brosse une série de tableaux hauts en couleurs, dans lesquels il met en scène une variété de personnages, plus ou moins folkloriques, issus de différents horizons sociaux de l’époque et évoluant dans des situations et des circonstances de toutes sortes, qu’il décrit, à chaque fois, avec un style qui convient. L’humour va de pair avec une omniprésente nostalgie, que suscite le souvenir d’une époque à jamais révolue.”
Karl Mülnier nous fait voyager par la pensée de Rose-Hill, son village natal devenu ville par la suite (en passant, savez-vous d’où vient le nom de Coignet, localité qui se dresse le long de la route royale à Beau-Bassin/Rose-Hill ?) à Port-Louis, Curepipe, Sans-Souci, Grand-Gaube, Quatre-Bornes, St Félix, Flacq, Rivière-Noire. L’auteur étant né et ayant longtemps habité Rose-Hill, la partie du livre où se raconte “Ma vie à Rose-Hill de 1928 à 1960” vaudra sans doute plus d’un détour.
C’est l’époque où le train joue un rôle prépondérant pour transporter passagers et marchandises. Avec quel intérêt ne lirait-on pas l’épisode “Le train 1942”?  Au chapitre du transport, le lecteur apprendra aussi le rôle du côtier, embarcation utilisée pour transporter le sucre des sucreries situées non loin du littoral jusqu’à Port-Louis. A lire absolument “Un voyage en côtier” de toutes les histoires que conte Karl Mülnier.
Les intéressés ne manqueront pas de se délecter des souvenirs de l’auteur sur les parties de chasse, de plongée, de boxe et d’escrime, ainsi que sur des excursions et les vacances passées au campement au bord de mer, et tout le folklore qui entoure ces activités prisées des membres de la bourgeoisie blanche et de couleur de l’époque. Sans oublier les récits des aventures vécues en parcourant des sites pittoresques du sud-ouest, tels le Piton de la Rivière-Noire, la cascade de 500 pieds, et autres qui se défilent de Médine à La Prairie (à lire absolument le récit “L’éventail chinois au Morne – une excursion, autrefois”).
Des êtres d’exception tels Maxime Koenig, Lyndsay Eckström, Monsieur Kalachand (un fondateur), Grand-père Davidsen, Grand-père Mülnier (au Chagos, 1892-1913), Moïse, Darné, Major Atchia (pour l’électricité à Rose-Hill), Charles Jollivet, “le génial pionnier de la Radio à Maurice”, sont dignement salués par l’auteur. Et comment ne pas s’enrichir de tout ce qui est raconté, en pas moins de 75 pages, sous le titre “La Deuxième Guerre mondiale”, “ce qui a été vécu à Maurice de tout un chacun de 1933 à 1945.”? Et aussi de toutes les autres “facettes d’une époque révolue…avant qu’elles achèvent de disparaître de la mémoire collective.” Enfin, il est conseillé fortement de lire l’excellent épilogue pour comprendre les changements que les ailes du temps ont porté, comment le modernisme a englouti un passé qui vit encore dans la mémoire de l’auteur.
Le livre est agrémenté de nombreuses photos d’époque, tant de l’auteur que de son père et quelques-unes venant des amis de l’auteur. Pour bien illustrer ce retour dans le passé recomposé…