Pour la première fois depuis que le Président’s Fund for Creative Writing (PFCW) s’est ouvert à toutes les langues présentes sur le territoire mauricien, soit depuis 2010, dix livres ont été lancés par le ministre des Arts et de la Culture Mookhesswur Choonee. C’était mercredi dernier, dans la salle de Conseil de la municipalité de Port-Louis. L’occasion pour le ministre et pour la présidente de ce fonds, Anitah Aujayeb, de lancer un appel aux responsables de certaines Speaking Unions pour leur demander d’encourager les membres à se lancer dans l’écriture créative.
Pour cette première publication depuis 2010, le fonds a publié cinq ouvrages en anglais, à savoir Kavi de Pramila Khadun, She was right de Tirkissoon Doomun, He came from Chagos, de Jean Lindsay Dookhit, The Islander’s Song de Ramesh Ramdoyal et A diamond for Jasmine de Lock Sohodeb. Quatre livres ont également été publiés en français – en l’occurrence Mes forces intérieures de Jean-Baptiste Noël, Maléfices de Adeetyaraj Thannoo, Mes aventures du petit Jean de Prithidinesh Sumputh et Trois petits contes pour petits et grands de Jannick Chellapen – ainsi qu’un en hindi, Annsou Ban gaye moti, de Dindayalsingh Basram.
Lors de son intervention, le ministre Choonee s’est réjoui d’avoir ouvert le fonds à d’autres langues. « Le fonds, selon son ancienne appellation, était seulement destiné aux écrivains en langue anglaise. J’ai souhaité qu’on l’ouvre à tous », affirme-t-il. À plus forte raison, poursuit-il, que le gouvernement a mis en place un certain nombre de Speaking Unions dans le but de préserver et de promouvoir toutes les langues identitaires et véhiculaires qui existent à Maurice. Selon lui, « Maurice est le seul pays au monde où le gouvernement, ou plutôt le bureau du Président, a mis en place un fonds pour financer la publication de livres, et ce depuis 10 ans ». Il indique que « chaque ouvrage bénéficie d’une publication de 1 000 exemplaires, dont 600 sont achetés par le gouvernement pour être distribués dans les établissements scolaires et servent de présents pour les invités du pays ». En outre, l’auteur, lui, « reçoit 400 exemplaires de son ouvrage, qu’il peut vendre ou distribuer ». Tel est toujours le cas, a-t-il insisté, après s’être renseigné auprès d’un représentant du fonds.
Le ministre Choonee a aussi mis l’accent sur l’importance de la lecture et la responsabilité des parents. Pour lui, la passion d’apprendre doit être communiquée par les parents. Mais, constate-t-il, « tel n’est malheureusement pas toujours le cas avec, pour conséquence, que les jeunes tournent mal ». Et de lancer un appel à la Bibliothèque nationale, aux Centres de lecture publique et d’animation culturelle (CELPAC) et au Président’s fund de poursuivre leur tâche de promotion de la lecture publique.
Mme Aujayeb devait pour sa part indiquer que cette journée était dédiée aux auteurs. « It is your day », a-t-il affirmé, en parlant du « dur labeur derrière la création d’une oeuvre » littéraire. Mme Aujayeb, qui dit apprendre plusieurs langues, a prononcé quelques mots en ourdou, en télégou, en tamil, en marathi et en  hindi, avant de lancer un vibrant appel aux Speaking Unions pour encourager les locuteurs à se mettre à l’écriture dans les langues respectives. Elle a rappelé que le PFCW avait reçu aussi deux entrées en ourdou. « The authors took back their book because the fund was too long to launch the book », a-t-elle observé.
La Lord-Maire Dorine Chukowry a aussi pris la parole pour l’occasion. La cérémonie s’est déroulée en présence de tous les auteurs, à l’exception de Lock Sohodeb, absent du pays.