L’écurie Foo Kune peut enfin savourer son premier titre de champion. À deux journées de la fin de la saison régulière, elle  totalise près de Rs 15M de prix, soit Rs 3,8M de plus que son plus proche poursuivant Merven. Sauf circonstances exceptionnelles, on voit difficilement comment cette dernière peut lui disputer le fauteuil de leader, d’autant qu’il n’y a plus de courses à fortes dotations. L’objectif fixé en début de saison, soit de remporter son premier titre, est donc atteint pour la bande à Paul Foo Kune qui, toutefois, n’a pas eu une saison de tout repos, étant au centre de plusieurs controverses, dont la tristement célèbre affaire Gemmayze Street.
À voir les statistiques de l’écurie Foo Kune, on constate que cette formation, malgré ses déboires, a toujours gardé les yeux rivés sur le championnat. Outre ses 50 victoires, on note qu’elle a aussi glané 158 accessits, soit plus de placés que de non-placés à l’issue de la 39e journée. Si le début de saison fut empreint d’un certain tâtonnement avec seulement 7 victoires après huit journées, les choses devaient prendre un coup d’accélérateur à partir du neuvième acte. Entre cette dernière journée et la vingtième, l’écurie Foo Kune devait remporter la bagatelle de 19 victoires, suffisant pour ravir le fauteuil de leader à Rousset qui l’avait occupé pendant 13 longues journées (de la 2e à la 17e). Depuis, la casaque jaune et étoiles mauves n’a jamais été délogée de son piédestal, tantôt repoussant la menace de rivaux tantôt accentuant son avance comme ce fut le cas lors des dernières journées. Au total, l’écurie Foo Kune est restée en tête du classement pendant 20 journées et si on tient en ligne de compte qu’elle ne sera pas rejointe lors des deux journées restantes, elle aura occupé le fauteuil de leader pendant 22 journées! Même le changement de jockey en cours de route n’a pas eu d’incidence sur son rendement, Sherman Brown poursuivant le travail que Derreck David avait commencé.
Si le titre fut assuré au soir de la 36e journée qui la vit remporter la Coupe d’Or par l’entremise de Love Struck, son crack annoncé du début de saison, ce n’est pas pour autant que l’écurie Foo Kune dormit sur ses lauriers. Elle a continué à engranger des victoires et glaner des accessits, et samedi dernier ne fut pas exception à cette règle. Grâce à Yoda Man (Sherman Brown), Diamond Light (Rye Joorawon) et Ryder Cup (Pravesh Horil), elle a remporté son cinquième triplé de la saison pour porter son total de victoires à 50.
« Une monte of international standard »

Au delà de ce brillant parcours, Bud Gujadhur a tenu à saluer le travail d’équipe qu’il y a derrière chaque victoire de ses protégés. « C’est un team work qui nous a emmenés là où nous sommes aujourd’hui, c’est-à-dire sur un nuage », a reconnu l’entraîneur. Sherman Brown, le titulaire en poste a, lui aussi, abondé dans le même sens lorsque nous sommes allés à sa rencontre à l’issue de la journée. « As I said previously, I came here with the intention to do my best for the yard. I’ve been in Mauritius for only a couple of months and I can tell you it’s a team effort and not only my riding. Everyone at the stable plays a part in our fantastic season: the grooms, the lads, the trainer, the stable manager, it’s a team effort you know », a insisté le Sud-Africain. Ce dernier, après s’être brûlé les doigts avec Wind Power dans l’épreuve d’ouverture, s’est vite remis sur le droit chemin avec Yoda Man dans l’épreuve suivante. Pourtant, tout semblait mal parti pour lui lorsque son cheval trébucha à l’ouverture des boîtes. Avec déjà une dixième ligne à surmonter, la partie s’annonçait compliquée pour le fils de Dynasty qui se retrouva plus en retrait que prévu dans le parcours. Mais grâce à l’expérience de son cavalier, il put se frayer un passage le long des rails à l’approche de la dernière courbe avant de slalomer dans la ligne droite finale pour surprendre Bongo Beat pratiquement au poteau. « Last time he reared when the gates opened. I had to come around them and in spite of that, he ran very strongly to the finishing line. This time we had a bad draw and when the gates opened, he stumbled. Last time rearing this time stumbling, it’s very difficult you know. But the most important is that he won a courageous race », a déclaré Sherman Brown.
Bud Gujadhur n’a eu que des éloges pour son jockey dans sa déclaration d’après course. « Sherman a monté une course of international standard. Le cheval a stumbled out of the gates. Mais on savait qu’il y aurait un train d’enfer et qu’il fallait être très patient. Ça a été plus difficile dans le sens qu’il est mal sorti des boîtes mais le jockey a monté une course exceptionnelle. Pour moi, c’est le ride of the day si ce n’est le ride of the month. Cela dit, aux courses vous avez besoin d’un peu de chance car ce n’est pas seulement le current form qui fait un cheval gagner mais aussi les circonstances durant la course. Des fois, elles peuvent être en votre faveur, des fois contre vous », a fait comprendre l’entraîneur. Il est d’avis que Yoda Man est un très bon élément mais que son équipe devra au préalable s’atteler à régler son problème de départ.
La 12e de Diamond Light…

L’écurie Foo Kune réalisa le doublé dans l’épreuve phare avec Diamond Light qui enregistrait sa 12e victoire au Champ de Mars et ce, en temps record. Confié à Rye Joorawon vu que Sherman Brown ne pouvait faire le poids de 55,5kg, le fils de Doowaley se montra sous son meilleur jour pour s’imposer avec beaucoup d’autorité au terme d’un parcours limpide à la corde. Pour Bud Gujadhur, la clé de la réussite résidait dans le positionnement de son élève durant la course. «Il fallait le positionner dans une striking position, c’est-à-dire en quatrième position sur les barres et attendre le maximum possible. Ce que Rye Joorawon a fait merveilleusement. Seul Man To Man pouvait nous contester cette position. Mais quitte à le redire, c’est le positioning du cheval, dont nous avions discuté dans le rond de présentation peu avant la course, qui a fait la différence », a-t-il martelé. Bud Gujadhur a tenu à avoir une pensée spéciale pour les propriétaries de Diamond Light, Sooriadev et Sylviane Elles-Ramlochun, qui ont eu le malheur de perdre Carcassonne — dont ils étaient aussi propriétaires — il y a deux semaines. « J’espère que cette victoire va leur faire quelque peu oublier cette ‘calamité’ », a-t-il déclaré.
Sinon que dire de Diamond Light, qui a remporté la deuxième course de Groupe de sa carrière, si ce n’est qu’il a été égal à lui-même? Coursier qui a débuté sa carrière mauricienne en C8, le hongre bai de 7 ans n’a cessé de monter en puissance pour se retrouver aujourd’hui chez l’élite. Son parcours est tout simplement exceptionnel car outre ses 12 victoires en 31 participations, il n’a couru non-placé qu’en seulement deux occasions!
…. et la 11e de Ryder Cup

Si Diamond Light remporta sa 12e victoire, Ryder Cup remporta lui sa 11e réussite sur notre turf. Arrivé à Maurice l’an dernier, le hongre bai de 5 ans, à l’image de son compagnon d’écurie, n’a cessé de monter en valeur depuis qu’il a brisé son maiden le 11 mai 2013 dans une course réservée aux chevaux de C8&9 sous la selle de Robbie Burke. De la C9 à une course de Groupe 3, que de chemin parcouru par ce coursier qui, cette saison, a véritablement franchi un palier. « Il n’y a pas beaucoup de chevaux qui ont commencé au plus bas de l’échelle à Maurice et qui ont grimpé de cette façon », n’a pu s’empêcher de dire Bud Gujadhur. « Cette deuxième accélération dont il a fait montre aujourd’hui a été tout bonnement impressionnante. Je savais qu’il allait avoir cette deuxième accélération, mais je pensais sincèrement que Roman Manner pouvait le battre aujourd’hui (ndlr: samedi). Mais je savais aussi que la course était entre nos deux représentants, Roman Manner et lui », a-t-il ajouté. Pour l’entraîneur, Ryder Cup est un coursier idéal pour le Champ de Mars. « Il a du pas et peut aussi accélérer, ce qui est un bonus sur une piste comme la nôtre qui, faut-il le rappeler, a quatre tournants ».