Il n’est un secret pour personne que l’écurie Foo Kune a débuté la saison 2014 avec la ferme intention de décrocher le titre d’écurie championne. Il semblerait que Budheswar Gujadhur et consorts soient sur la bonne voie, au vu des derniers résultats enregistrés. Avec trois nouvelles victoires tombées dans l’escarcelle à l’issue du 19e acte — le deuxième coup du chapeau réalisé par cet établissement cette saison — et la montée en puissance de ses pensionnaires, l’écurie Foo Kune annonce déjà la couleur et ses adversaires sont prévenus.
Parler du championnat alors qu’on n’est pas à la mi-saison serait peut-être prématuré, mais la tentation demeure grande tant l’écurie Foo Kune survole les débats en ce moment. Après avoir ravi la pôle position à l’établissement Rousset à l’issue de la dix-septième journée, elle en a remis une couche en s’adjugeant un coup de trois samedi.
Le récital devait débuter dès l’épreuve d’ouverture avec In To Beep qui a récolté ses premiers lauriers sur notre turf après neuf tentatives infructueuses. Évoluant en one off sur la majeure partie du parcours, l’alezan a sorti un joli coup de reins pour ouvrir son compteur alors que Torero avait paru, à un certain moment, en mesure de l’emporter.
Heureux que In To Beep ait enfin pu beat the jinx, Bud Gujadhur devait cependant souligner la faible opposition offerte par le champ aligné dans l’épreuve.
« In To Beep était très bien dans le paddock avant la course. Il était en progrès par rapport à sa dernière course. Le champ était assez faible, mais on craignait vraiment Celestial Wind. La course s’est déroulée tambour battant comme le confirme le temps de la course. A mi-ligne droite, je pensais que Torero aurait le meilleur, car notre cheval tirait un peu vers l’intérieur, mais le jockey l’a très bien monté. On est content qu’il ait gagné sa première course à Maurice alors que cela fait maintenant deux ans qu’il est là. C’est un cheval à problèmes et je remercie Jean-Marc Halbwachs et toute son équipe pour s’être occupés de lui. »
Twitter : a nightmare to train
Le doublé fut réalisé par l’entremise de Twitter dans The Prodigal Cup. Promis à un bel avenir depuis son arrivée au Champ de Mars, ce sujet de Var avait ouvert son palmarès mauricien le 19 octobre dernier en devançant de peu Cash Lord sur 1000m. La campagne 2014 n’avait toutefois pas débuté sous les meilleurs auspices, Twitter ne parvenant pas à décrocher le moindre accessit en deux tentatives. Jugé comme étant un coursier très caractériel, il avait fait des siennes avant le départ de sa course lors de la douzième journée et avait été par la suite retiré. On serait tenté de dire qu’il a cette fois remis les choses à plat en s’imposant avec la manière, effaçant par la même occasion le nom d’Eskimo Roll des tablettes du record, en l’améliorant de huit centièmes sur le kilomètre.
Derreck David était le premier à faire les éloges de sa monture à l’issue de la course. « Twitter is a lovely animal. He’s a bit nervous so I had to battle with him a little bit. I thought he would have won earlier in the season but he’s been a nightmare to train, flipping in the pens. Everything was going wrong but today he’s showed us what he is made of, because 55.94s is a fast time. He was galloping out there and when I asked him to pick it up, he ran again. We’ve got some nice horses in the yard and it makes my job a hell of a lot easier going around this track. »
 Bud Gujadhur était, quant à lui, aux anges après ce tour de force de son protégé. « Je pense que Twitter a été très malchanceux depuis l’année dernière dans le sens qu’il s’est montré un peu difficile au départ. Il était plus calme cette fois-ci, il est sorti très vite. Je viens de parler à Ricky Maingard, un homme que je respecte beaucoup comme entraîneur. Il m’a dit ‘Bud, you have to break the record to beat me’. Et c’est vrai. Censored had a dream run. Derreck a essayé de le contrôler au maximum, mais quand je regarde le sectional time, je me rends compte qu’on a eu affaire à deux grands chevaux. Adeste Fidelis n’a pas démérité non plus puisqu’il est venu comme un boulet de canon vers la fin. Dinesh Sooful a fait une jolie course, mais il est battu par plus fort que lui. »
«I’m just the pilot»
Carson City est un autre coursier qui n’avait pas été verni depuis le début de la présente saison. Souvent à l’arrivée, il lui manquait un petit «plus» pour faire la différence. Aligné à nouveau sur 1850m, ce fils de Jallad ne s’est pas fait prier pour retrouver la winner’s enclosure. S’il s’est certes retrouvé beaucoup plus proche du pas, il a sorti une belle pointe de vitesse finale pour repousser l’attaque de Makes Me Wonder dans les derniers mètres de l’épreuve.
« Carson City won a good race. I was planning to sit in midfield with him but the way the race turned out, I was forced wide when I got into the straight the first time. I had to go forward a bit and use him a little bit before I got to the hill. He then switched off nicely and won a convincing race. In my eyes, he’s a thief of a horse. Everytime I thought he would run a good race, he ran a bad one. When I gave him no chance, he came out to prove me wrong. So well done to Bud on this one because I did nothing really, » devait humblement reconnaître le cavalier sud-africain.
Bud Gujadhur confiera qu’il s’attendait à une bonne course de la part de Carson City, mais a toutefois tenu à souligner la science de Derreck David qui ne s’est pas laissé prendre au piège par le faux rythme imposé par le meneur. « On avait un silent hope avec Carson City. Il était même très bien dans le rond de présentation avant la course. L’idée première était de le faire courir en quatrième ou cinquième position. Mais je pense que Derreck est quelqu’un de rusé. Il a vu qu’il était caught three wide et il a préféré être juste derrière Arabian Empire que nous craignions beaucoup malgré ses 62 kgs. Le pas imposé par Southern Heights n’était pas a cracker of a pace. Il a donc suivi one wide et attendu la ligne droite. On espérait qu’il allait produire cette accélération. Il fallait le ménager et Derreck l’a très bien fait. De plus, on est très content de cette nouvelle victoire à l’écurie, car il y a beaucoup en jeu avec le championnat. »
Et quid de la course au titre ? Si les choses semblent engagées, le manque de réussite dans les épreuves de Groupe pourrait jouer un vilain tour à l’écurie Foo Kune qui peine dans ce secteur, pour preuve la quatrième place de Diamond Light dans Le Trophée du Bicentenaire du MTC. En effet, le valeureux fils de Doowaley commence à trouver la compétition rude après avoir gravi les échelons tout au long de sa carrière mauricienne. Samedi dernier, il n’a pu qu’accrocher le dernier accessit face aux coursiers de l’élite. Avec le prometteur Love Struck qui tarde à retrouver le niveau qui était le sien en Afrique du Sud, voilà autant de facteurs à prendre en considération par cet établissement. Pour l’heure, c’est bel et bien la sérénité qui règne au sein de l’écurie.
« It’s really nice, thanks again to Bud and Paul. If it wasn’t for them, I would not be having all the success. We’ve got some really nice horses and the stable is doing extremely well. I’m just the pilot, riding them quite decently but they are doing most of the work, so well done to the stable, » devait déclarer tout sourire Derreck David à l’issue de la victoire de Carson City.