Treize journées à manger son pain noir. En effet, on n’avait plus revu Benedict Woodworth dans la winner’s enclosure depuis sa victoire avec The Colonels Son lors de la 7e journée. Même le changement d’air (ndlr: il est passé de Perdrau à Hurlywood après la 13e journée) n’y changea pas grand-chose. Entre une confiance, qui de son propre aveu, il dit avoir perdu et des rumeurs de licenciement dont il faisait l’objet ces derniers temps, le jockey champion 2007 n’était pas aussi épargné par des critiques pour ses montes peu inspirées, si ce n’est douteuses, dans certains cas. Mais samedi dernier, il nous a donné l’occasion de voir ce dont il est capable lorsqu’il met la tête au travail en menant à la victoire Master Mascus au terme d’une course dont il a été en grande partie l’architecte.
« From Christmas to Chinese New Year », tels sont les premiers mots de Benedict Woodworth pour décrire sa longue traversée du désert lorsque Turf Magazine est allé a sa rencontre a l’issue de la journée. « It has been a very difficult period you know. Thank God Master Mascus has put an end to it. It’s a big relief. I’m very happy to have bagged my very first win for Hurlywood stable. Vicky Veeramootoo promised me a ten-year contract if I win on Master Mascus. Hope he will honour his promise », devait-il déclarer sur un ton badin, visiblement soulagé d’avoir mis un terme à cette mauvaise passe. Le Malaisien n’a pas voulu s’attarder sur les raisons de ce manque de réussite mais a tenu à dire que la confiance lui faisait défaut ces derniers temps. « The more you don’t win a race, the less confident you become. I must tell you that I lost confidence during the past weeks and I was hoping for a winner to get it back », a-t-il affirmé. Commentant les rumeurs qui faisaient croire qu’il avait reçu sa feuille de route, notre interlocuteur a eu ceci à dire: « I learned it on Facebook. Maybe I have another boss there. Anyway, Mr Vicky Veeramootoo never told me that I was fired », a-t-il fait comprendre.
« It was planned to go to the front »
Étant un vieux de la vieille, Benedict Woodworth sait que dans ce giron il faut être patient et que tôt ou tard la roue allait finir par tourner. Ce fut chose faite avec l’outsider Master Mascus dans la septième épreuve au programme de cette 21e journée. Profitant de l’absence d’un véritable frontrunner, Woodworth, dont la monture fut munie d’oeillères à nouveau, ne se fit pas prier pour la propulser dans la position tête et corde pour mettre toutes les chances de son côté. Il dosa par la suite à la perfection le pas de son cheval qui s’en alla renouer avec le succès, pratiquement deux ans après sa dernière victoire. « It was planned to go to the front as there was no frontrunner in the race. On this very fact, I gave him a very good outsider chance the more so that he was fitted with the blinkers again », devait expliquer le Malaisien. Avec son cheval qui faiblissait dans la partie concluante de l’épreuve, était-il confiant de tenir jusqu’au bout? « You know, after not riding a winner for such a long time, you have the feeling that the winning post is far away. So I was not confident until we got passed it first ». La cravache asiatique s’est dit aussi très heureux pour Master Mascus, un cheval qui n’arrivait pas à se retrouver après pourtant un début de carrière fort prometteur sur notre turf.
Maintenant qu’il a fait d’une pierre deux coups, soit mettre fin à sa série noire et ramener son premier gagnant à son nouvel employeur, Benedict Woodworth reste optimiste pour la suite de la compétition. « Mr Vicky Veeramootoo and Mr Pertaub have been very kind and supportive to me so far. It’s nice to work with them. Of course there was a little pressure as of late as we were not winning races. Now that the confidence is back, I’m looking forward to a fruitful end of the season », devait-il conclure.