Avec un effectif diminué pour démarrer la saison, on ne s’attendait pas à grand-chose de l’écurie Mahess Ramdin lors des premières journées. Mais Shailesh Ramdin n’est pas du genre à baisser les bras. Malgré le nombre restreint d’éléments dont il dispose, il n’aura pas attendu longtemps pour fouler la grande piste. Baron Blixen fut le premier à lui procurer cette joie avant que Royal Day ne double la mise un peu plus d’une heure après. Malgré ce doublé, l’entraîneur est « conscient que ce ne sera pas une année de tout repos».
Suite au départ de quelques coursiers durant la trêve, Shailesh Ramdin s’était retrouvé avec un effectif squelettique, mais grâce aux arrivées de Beau Bois, Suncat, Smartelli, Baron Blixen et Royal Day entre autres, il est parvenu à s’armer du minimum nécessaire pour démarrer la saison en attendant la venue de quelques nouvelles unités sud-africaines. Shailesh Ramdin a tenu à remercier en « mon nom personnel et celui de mon père, Jean-Michel Henry et son équipe de propriétaires, car franchement en décembre, la situation était vraiment difficile pour nous. Ce n’était pas facile de monter un effectif compétitif pour la présente saison. Ce ne sera pas une saison de tout repos, mais on prendra notre chance dès qu’elle se présentera », a déclaré l’entraîneur.
Pour revenir à cette troisième journée, il est bon de souligner que l’association de Baron Blixen et Nooresh Juglall n’était pas le fruit du hasard. En effet, avant même sa venue chez nous, le cavalier mauricien avait été contacté pour cette monte. «Je remercie M. Jean-Michel Henry qui m’a offert cette monte alors que j’étais toujours en Afrique du Sud et M. Ramdin pour sa confiance. Je remercie également M. Ramapathee Gujadhur qui m’a fait venir à Maurice et qui n’a trouvé aucune objection à ce que je monte ce cheval». Avec Juglall en selle, l’entourage du cheval était confiant de la victoire samedi dernier. Malgré le manque de rythme, le cavalier mauricien n’a pas bousculé sa monture et l’a gardée en queue de peloton et lorsqu’il a pressé le bouton, Baron Blixen a sorti un joli coup de reins pour mettre tout le monde d’accord. «Ils ne sont pas partis très vite en début de course, mais je n’ai pas paniqué. Mon cheval voyageait très bien en dernière position. A l’entrée de la ligne droite, dès je l’ai mis sous pression, il a sorti une belle accélération pour l’emporter. The way he won seems he won’t stop here. There are still one or two wins under the belt for him», nous a confié Juglall à l’issue de la journée.
«There are still one or two wins under the belt for Baron Blixen»
Si Shaliesh Ramdin ne diminue pas les mérites du cheval, il trouve que la prestation de Juglall a été pour beaucoup dans cette victoire. «Il a réalisé une patient ride. Les jockeys mauriciens devraient s’inspirer de lui. Il a su économiser sa monture au maximum pour la dernière ligne droite».
Si la victoire de Baron Blixen était très attendue, en revanche, celle de Royal Day a été une petite surprise pour certains turfistes. Ce coursier qui était entraîné par Rameshwar Gujadhur jusqu’à la fin 2012, n’avait pas été ridicule à sa rentrée sous la férule de son nouvel entraîneur deux semaines plus tôt sur un parcours un peu court pour ses réelles aptitudes. Aligné dans une valeur inférieure et sur un parcours plus approprié, il confirma ses progrès pour vaincre le signe indien sur notre turf. «Le plus gros problème de ce cheval était son départ. On a essayé le Monty Roberts Blanket à l’entraînement et Vikram m’a dit qu’il se comportait mieux avec. Je voulais vraiment l’évaluer sur ce qu’il nous a démontré pendant l’intersaison. Je tiens à souligner la contribution de Vicky Ramhit qui a réalisé un énorme travail de base avec Royal Day à Poste Lafayette. Je remercie aussi M. Vikram Hurdoyal pour m’avoir fait confiance. C’est un cheval généralement très nerveux mais qui semble bien s’entendre avec Vikram Sola. Espérons qu’il nous ramènera ne serait-ce qu’une victoire supplémentaire d’ici la fin de la saison», a souhaité Shailesh Ramdin.
Pour Vikram Sola, c’était une occasion d’ouvrir son compteur 2013 et il ne laissa pas passer sa chance. «Il n’y avait que Moon Raider et mon cheval qui avaient une course dans les jambes. Sur son travail j’étais plutôt optimiste. Je m’étais dit que s’il mettait la tête au travail, il allait l’emporter. Il a eu parcours relativement facile. Il n’y avait personne devant moi, donc je l’ai laissé progresser naturellement. Au 300m je me suis dit qu’il était l’heure de partir car fitnesswise, il avait un avantage sur les autres concurrents. Vous remarquerez que je n’ai pas utilisé ma cravache car le cheval avait tendance à pencher sur sa droite. Je suis très content d’avoir pu débloquer mon compteur pour la présente saison».