L’écurie Merven, qui d’ordinaire fait très bien lors des week-ends de course, n’a pas dérogé à la régle dimanche dernier en mettant à son actif un autre doublé. La moisson aurait certainement été plus prolifique si King’s Guard avait pu contenir l’assaut de Rasheed jusqu’au bout dans la septième épreuve. Mais la satisfaction était de mise à l’issue de cette journée dominicale comme l’attestent les propos de Cédric Ségeon que nous avons rencontré à l’issue de la journée.
« On s’attendait à une meilleure journée que celle de samedi. On aurait certes pu prétendre à mieux mais ces deux victoires nous font énormément plaisir », a d’emblée déclaré le Français. Si Lion’s Print a donné des sueurs froides à ses nombreux partisans dans The 1010 Cup, pour notre interlocuteur, le départ lent de son coursier n’était guère une source d’inquiétude. « Personnellement, j’étais très confiant. Évidemment cette course a dû susciter pas mal de commentaires de gens qui ne connaissent rien aux courses. Heureusement que j’ai gagné, sinon on aurait dit que c’est de ma faute si le cheval avait perdu. Les gens doivent comprendre qu’il y a des tactiques et des circonstances de courses auxquelles, nous, jockeys on doit s’adapter. Il y a un plan A et un plan B. Le plan premier était d’aller devant mais malheureusement on n’a pu le faire avec sa mauvaise ligne. J’ai dû m’adapter en conséquence. Le cheval s’est très bien détendu dans le parcours et je me suis dit que même de l’arrière, il aura son mot à dire. Il a démontré qu’il est un cheval sur lequel on peut compter », a dit le Français en guise d’explication. Même s’il a dû repousser une attaque tardive de Moon Raider en fin de parcours, Lion’s Print a démontré qu’il est très polyvalent, ce qui est un avantage certain sur une piste comme le Champ de Mars. On attend vivement sa prochaine sortie.
« Clean Record »
Le doublé, l’écurie Merven et son jockey le réalisèrent dans l’épreuve suivante avec Kruger Rand au terme d’une ligne droite de toute beauté. Ce cheval qui pourtant s’était imposé à sa sortie précédente, fut étonnamment délaissé au niveau des paris et son entourage n’en demanda pas mieux. « Avec sa mauvaise ligne, j’étais obligé de le mettre à l’arrière. J’ai attendu la dernière ligne droite pour passer à l’offensive car je ne voulais pas attaquer en épaisseur. Kruger Rand s’est par la suite montré très combatif pour remonter Liam qui avait pris la poudre d’escampette », s’est réjoui la cravache française qui aurait pu remporter une troisième victoire avec King’s Guard dans la septième épreuve. « La dernière fois on m’avait beaucoup critiqué. Cette fois, avec sa mauvaise ligne, je l’ai monté plus tranquillement. Ce n’est pas pour autant qu’on a gagné la course », n’a pas manqué de faire ressortir notre interlocuteur. « Ce qui me conforte c’est que King’s Guard s’est donné à fond et n’est battu que par un bon cheval qui a eu une course de rêve sur les barres ».
Invité à faire un commentaire sur la course de Liquid Motion, qui se retrouva à 4,35L d’Abington dans l’épreuve phare de samedi, le Français n’a pu expliquer sa mauvaise course. « Peut-être était-il dans un jour «sans». Vous savez, les chevaux sont comme des humains, excepté que nous humains,  nous pouvons nous exprimer quand on n’est pas bien. Mais c’est vrai que Liquid Motion a été tout simplement inexistant samedi. Ce n’est pas le cheval qu’on a l’habitude de voir ».
Même si la route est enconre longue, avec 24 victoires à son compteur, Cédric Ségeon n’a jamais été aussi proche d’un titre de champion à Maurice. Mais notre hôte veut se la jouer prudent, préférant voir les choses sous un autre angle. « Moi je regarde plutôt mon résultat chez les commissaires où en 200 montes, je n’ai écopé qu’une sanction pour careless riding depuis le début de la saison. À mon humble avis, je pense que les gens doivent regarder cela également avant de critiquer les jockeys. Je serai plus content si, à la fin de la saison, les gens s’attardent plus sur mon clean record que sur mon nombre de victoires ».