Sevré de victoire depuis le 15 juin 2013, soit lors de la 15e journée avec Iwayini, Yashin Emamdee mangeait son pain noir et n’avait point goûté au succès en 55 montes cette saison. Et la 56e fut la bonne avec Winter Skye lors de la 21e journée.
«Je ne pensais pas revenir à mon meilleur niveau après ma chute l’année dernière », devait dire d’emblée Yashin Emamdee.
Et il a dû faire d’énormes sacrifices avant de revenir cette saison à nouveau chez l’écurie Maigrot. Le jockey mauricien devait encore se plaindre de son dos et il allait rester éloigné du Champ de Mars pour se faire soigner par son père. Il allait de nouveau faire son retour à l’écurie Maigrot mais que pour deux semaines. «J’étais déçu de ne pas ramener des gagnants pour l’écurie et j’ai demandé à être freelance. J’ai voulu changer d’air», a-t-il ajouté.
Emamdee devait solliciter l’entraîneur Patrick Merven et ce dernier allait faire confiance au jockey mauricien vu que Swapneel Rama était déjà suspendu et que Preetam Daby avait connu lui aussi des malheurs. «Patrick Merven m’a fait confiance, que ce soit à l’entraînement ou en course. J’ai eu beaucoup de montes et aussi des chevaux chevronnés. J’ai eu aussi le soutien de Cédric Ségéon. Malheureusement, le succès tardait à venir. Et, samedi, en regardant la carte, je pensais que Gray’s Champ allait être ma meilleure chance et en deuxième lieu, Winter Skye. Les 1500 mètres semblaient un peu longs pour ses aptitudes et les instructions étaient de laisser le cheval courir dans son pas, kot li teigne li teigne. Mais, line teigne après le but. Le cheval était bien dans sa peau et s’est senti bien à l’aise tout au long du parcours. Bien sûr, il fallait craindre Aspen Emperor mais c’est plutôt son compagnon d’écurie Kruger Rand qui est venu nous inquiéter à la fin. Et le but est arrivé à temps».
«Cette victoire me redonne confiance surtout après les déboires que j’ai connus et aussi mes  insuccès depuis plus d’une année. Cela va me motiver davantage pour me donner encore plus à fond à l’écurie Merven où il règne une ambiance très correcte. De mon côté, n’étant pas titulaire d’une écurie, je monte donc sans pression».
Par ailleurs, Emamdee essaie de concilier le Ramadan avec son travail, même si c’est parfois très difficile. «Comme les footballeurs au Mondial 2014 au Brésil où ils rencontraient beaucoup de difficulté à concilier les deux, moi aussi je me retrouve devant cette situation chaque année. Mais je fais de mon mieux pour exercer mon métier tout en respectant le mois du Ramadan et ses sacrifices » a-t-il souligné.
De ses autres montes, Emamdee dira qu’il s’attendait à une bonne course de Gray’s Champ car il portait pour la première fois des side winkers mais il n’a pu faire mieux qu’une cinquième place alors que sur Royal Times, il n’a pas eu le passage voulu en ligne droite finale et il a dû baisser les rênes pour terminer à la dernière place.