On l’avait quelque peu perdu de vue après le succès de Liquid Motion lors de la dix-huitième journée mais Cédric Ségeon a mis un terme à une succession de 23 montes infructueuses samedi dernier lors d’une journée placée sous le signe du chiffre deux pour les plus superstitieux. En effet, le cavalier français a mené Double Dash dans la winner’s enclosure dans The At The Double Plate avant de compléter le doublé un peu plus tard avec Lion’s Print dans l’épreuve de clôture.
« J’aimerais d’abord dédier ces deux victoires à ma copine Jaimie qui a fêté son anniversaire hier. Cela fait deux ou trois semaines où j’ai été bien malchanceux en course, mais j’ai toujours eu le soutien de tout le monde à l’écurie, à commencer par Patrick Merven et Denis Lebreton. Je suis quelqu’un qui aime remporter des courses et c’est vrai que c’est rare pour moi de passer plusieurs semaines sans gagner. Heureusement que j’ai des gens formidables autour de moi pour me soutenir », devait nous déclarer d’emblée Cédric Ségeon à sa sortie de la jockey’s room samedi dernier. De son propre aveu, il commençait à trouver le temps long, mais sa patience a fini par payer.
Les choses avait pourtant mal débuté pour le tandem Merven-Ségéon quand Living With Heart fut retiré pour cause d’incapacité physique mais c’est de Double Dash qu’est venu le salut. Auteur d’une bonne course derrière Friday Lunch Club le 5 juillet dernier, le fils de Labeeb a confirmé ses belles dispositions en passant cette fois à l’offensive au bon moment pour dominer Shakleton au finish. « Auparavant, Double Dash prenait souvent l’avantage trop tôt puis il s’arrêtait de courir. Aujourd’hui, j’ai eu un petit peu tous les malheurs du monde. Avec sa mauvaise ligne, j’avais demandé à mon patron la tactique à adopter, vu que c’est un cheval qui est assez facile à monter. Comme il y avait du pas, je l’ai mis derrière parce que je ne voulais pas me retrouver en troisième épaisseur. Il s’est bien détendu. Depuis que les false rails ont été réaménagés, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de chevaux qui gagnent en venant de l’extérieur, dont Shakleton et Double Dash qui se sont bien battus. Ce n’est certes pas un champion mais il a remporté une belle course », nous confiera notre interlocuteur.
Simple formalité pour Lion’s Print
Pour l’entraîneur Patrick Merven, cette victoire intervenait comme une bouffée d’air frais au vu des derniers résultats enregistrés par ses coursiers. « Avec Double Dash, les instructions données à Cédric étaient de chercher une place dans le peloton, même si cela voulait dire qu’il se retrouverait plus en retrait. Il devait prendre son temps avant de mettre le paquet sur la fin. Il l’a bien monté et on est très content car ces dernières semaines n’ont pas été très reluisantes et cela ne peut que nous faire du bien au moral. »
Battu de peu à sa dernière tentative sur 1850m, Lion’s Print n’a pas commis d’erreur cette fois-ci, même s’il s’est montré moins percutant au départ. Une fois installé en tête, ses adversaires ne l’ont revu qu’après le but. Sous la menace de Torotino dans le dernier virage, la monture de Cédric Ségeon a sorti un joli coup de reins pour prendre ses distances. « Avec Lion’s Print, cela a été une simple formalité. C’est un cheval qui aime beaucoup dicter son pas. Je ne pense pas qu’il avait démérité la dernière fois puisqu’il n’a été battu que par Bright And Blue qui a gagné plusieurs courses cette année. On a décidé de le remettre sur 1500m aujourd’hui. Il a tendance à être un peu ardent sur 1850m et il déteste être repris. Quand il l’est, il respire mal et il s’arrête. Les 1500 mètres étaient donc une distance idéale pour le laisser galoper.»
De ses autres montes, Cédric Ségeon nous avouera que Torero Dancer n’a jamais pu bénéficier pleinement de ses chances, victime d’une sévère gêne par Maestro’s Salute à l’ouverture des boîtes. « Avec Torero Dancer, j’ai dû essayer d’éviter le jockey Sooful qui est tombé devant moi. De plus, c’est un cheval qui est très difficile et il s’est retrouvé derrière. Je pense qu’il a besoin d’apprendre à courir au Champ de Mars car les tournants serrés ne sont pas à sa convenance en ce moment. Il aura besoin de plusieurs courses pour s’adapter. » Supersonic Sam est aussi un autre coursier qui est très nerveux. Il est impératif qu’il apprenne à se relaxer s’il veut progresser en course. Quant à Owls Do Cry, il demeure une énigme. « Je suis assez perplexe avec Owls Do Cry qui a eu une bonne course derrière le leader. A la rue du Gouvernement, il lâche complètement son mors et on sent qu’il n’y a plus rien. Il a besoin de vite progresser car il finit trop souvent décroché. »