Le départ inopiné durant la semaine dernière de Corne Orffer en Afrique du Sud pour des raisons familiales, n’a pas perturbé les plans de l’écurie Rameshwar Gujadhur pour cette dix-huitième journée. Jeanot Bardottier qui agissait en substitut de luxe, ne laissa pas passer sa chance sur Chequer qui sortit une grosse performance pour s’offrir sa cinquième victoire chez nous.
Quatrième à un peu moins de quatre longueurs du vainqueur quatre semaines plus tôt dans cette même valeur, Chequer rencontrait cette fois sur sa route Darcy’s Arcy qui l’avait précédé de peu lors de leur dernière confrontation et qui avait hérité d’un meilleur couloir. « Sur papier, Chequer constituait notre meilleure chance de la journée. Le cheval avait progressé par rapport à sa dernière course où il avait été dominé de peu par Darcy’s Arcy. En l’absence des deux premiers de cette épreuve, il avait une belle carte à jouer», dira Jeanot Bardottier à Turf Magazine qui l’a rencontré mardi matin.
De sa cinquième ligne, le représentant de l’écurie R. Gujadhur fut contraint d’évoluer en one off, mais il précédait de peu son principal adversaire. Habitué à accélérer dans la ligne d’arrivée, Chequer fut lancé cette fois à environ 500 mètres de l’arrivée, ce qui surprit le favori. «Ce sont les circonstances des courses qui ont fait que j’ai démarré très tôt. Vu que j’ai vu que Darcy’s Arcy était à mon intérieur et qu’il est probablement meilleur au finish, j’ai tenté le coup en prenant le first run sur lui et cela a payé. Le cheval a commencé à hang out probablement après l’effort que je lui ai demandé dans la courbe. Lorsque je l’ai repris, il a maintenu sa trajectoire», explique le jockey mauricien.
Sous la conduite de Bardottier, Chequer maintint le rythme pour résister à Darcy’s Arcy avec une certaine assurance. Une performance qui augure des choses positives pour le reste de la saison. «Chequer a ses petits soucis. Il était nettement mieux aujourd’hui comparativement à son état lorsqu’il est arrivé à l’écurie en début de saison. Chapeau à l’entraîneur Rameshwar Gujadhur pour le travail accompli avec ce cheval. J’espère qu’il conservera la bonne forme et qu’il pourra nous offrir d’autres victoires cette saison».
En l’absence d’Orffer, Bardottier s’était vu confier six montes au total pour la journée. Cependant, il ne pilota que cinq chevaux vu qu’il ne pouvait faire le poids sur Ice Trigger, handicapé à 54.5kg dans la cinquième épreuve. Sans doute, Beach Club constituait également une chance régulière dans la quatrième épreuve, mais il se contenta de la cinquième place. «Il a été battu par de meilleurs chevaux on the day», considère notre interlocuteur. Il n’y a pas eu d’autres notes positives pour Bardottier samedi dernier sauf pour Albert Dock qui est, selon lui, un cheval d’avenir. «Benjamen Boo a réalisé une course ordinaire, incapable de changer de vitesse au démarrage. Baynesfield était aligné pour la deuxième semaine consécutive, mais affrontait un lot plus relevé. Il s’est montré ardent, et a marqué le pas dans la ligne d’arrivée. Quant à Albert Dock qui effectuait ses débuts, il n’a pu jouer un rôle intéressant, mais il a bien pris sa course. C’est un cheval qui devrait bien faire sur les distances allongées».
Avec cinq victoires à son actif, Bardottier rejoint Emamdee et Bhaugeerothee et Joorawon en haut du classement des mauriciens. Si on est déjà à la mi-saison, il juge encore trop tôt pour pronostiquer pour le titre chez les locaux. « C’est maintenant que les chevaux de l’écurie viennent en forme. C’est certain que Corne Offer aura plus de montes, mais je sais que j’aurai ma part de montes dans les courses réservées aux locaux. Pour le championnat, il est encore trop tôt, car nous les jockeys mauriciens, nous n’avons pas des montes fixes comme les étrangers. On obtient des montes çi et la. Si Orffer ne s’était pas rendu en urgence en Afrique du Sud, je n’aurais bénéficié que d’une seule monte pour la journée. Donc, je peux dire que j’étais un peu chanceux samedi dernier. J’ai remarqué que lorsque j’obtenais des montes de dernière heure, je me suis montré plus performant. C’était le cas récemment lorsque j’avais été appelé à piloter les chevaux de l’écurie Maingard vu que Johan Victoire n’avait pas encore obtenu son permis de travail. En quelque sorte, je suis un supersub», estime Bardottier.