Après les tribulations de ses derniers jours, l’écurie Serge Henry s’est de nouveau retrouvée sous les feux des projecteurs. En effet, la victoire de Read My Heart est venue apporter un moment de répit à cette formation au milieu d’une tempête qui l’a fortement secouée avec l’affaire Saziwayo. A noter que ce succès porte les griffes du jockey mauricien, Kevin Bohorun, qui ne s’est pas fait prier pour enregistrer son premier succès à Maurice.
Offert à une cote de 44/1 chez certains bookies, la victoire de Read My Heart fut une grosse surprise dans l’épreuve de clôture. Toujours vu en dernier rang et optant pour une course en épaisseur du fait d’une piste dégradée contre les barres, Read My Heart améliora sa position à l’amorce du dernier tournant. Ce fils de l’étalon britannique, Dynasty, porta son attaque complètement à l’extérieur, avant de se détacher sans coup férir, à mi- ligne droite, pour filer droit au poteau.
« C’est une victoire qui me fait énormément plaisir. C’est un rêve d’enfant qui se réalise. Je remercie Serge Henry, Nathalie Henry, Ravi Rawa et Derek Hip. Ils ont tous cru en moi. Pour revenir à la course, j’ai suivi les instructions de l’entraîneur. Il m’a demandé de le laisser courir en retrait et d’attaquer au bon moment. Cependant, j’étais assez confiant lorsqu’il a répondu à l’effort que je lui avais demandé à 600 mètres du but. Dès lors, je me suis dit qu’il y avait un coup à jouer et je l’ai monté de manière plus aggressive », a déclaré Kevin Bohorun.  
Pour sa part, Nathalie Henry a d’abord tenu à féliciter le jockey et ensuite tous ceux qui ont entrepris un minutieux travail afin de ramener le cheval à un bon niveau après ses problèmes aux boulets.
« Je dis un grand bravo à Kevin Bohorun pour sa première victoire chez nous. Mais c’est encore une fois un travail d’équipe qui a payé avec le vétérinaire, notre chef palefrenier, toute l’équipe à Floréal et mon père qui s’est montré très patient avec Read My Heart. »
Pour la petite histoire, Kevin Bohorun, natif de Flacq, s’intéressa à la race équine à l’âge de 18 ans. Ce fut alors qu’il décida de partir en Angleterre pour parfaire son apprentissage. L’aventure aura duré trois ans avant qu’il ne mette les voiles sur l’Australie où il a « appris sur le tas ». Il aurait offert ses services à un entraîneur. De ses six ans passés sur le plus petit continent du monde, le Mauricien dira avoir « bien progressé en suivant les instructions des professionnels».
Invité à en dire plus sur le pourquoi de sa décision de venir monter à Maurice, notre interlocuteur répondra que l’idée avait germé dans sa tête depuis un certain temps.
« J’avais pris la décision de venir à Maurice depuis un moment. Puis, suite à la suspension du jockey Arena, l’entraîneur Serge Henry m’a demandé de faire un essai au sein de son établissement.  Il fallait d’abord qu’il voie de quoi je suis capable, je suppose. J’ai tout de suite accepté. »
« Je ne vais pas rester si je n’obtiens pas de montes »
Toutefois, le Mauricien demeure réaliste et concède que la partie ne va être facile car la compétition y est rude sur notre hippodrome.
«J’aurais aimé rester jusqu’à la fin de saison… (Hésitant). Toutefois, ça ne dépend pas que de moi. Je sais que c’est très dur au Champ de Mars. Il faut d’abord convaincre tout le monde, notamment les propriétaires et les entraîneurs. Si je n’obtiens pas de montes, je pense que ça ne vaut pas la peine de rester. »
Il s’en eut fallu de peu pour que l’écurie Serge Henry réalise le doublé avec Prince Alwahtan ou Captain Vedici dans les troisième et huitième épreuves. Encore pointé en queue de peloton à l’amorce du dernier tournant, le premier nommé combla beaucoup de terrain dans la phase finale mais dut toutefois se contenter de la deuxième place à moins d’une longueur du vainqueur, Mr Wolf. Captain Vedici, lui, se fit rattraper dans les derniers décamètres de la course par King’s Guard après avoir longtemps fait illusion en ligne droite. Il dut se contenter du 1er accessit devant Carcassonne.
Quant à Pale Ale (1e course), Hugo The Boss (4e course), Royal Chalon (6e course) et Polar Falcon (7e course), ils ne furent pas en mesure de jouer les premières rôles en fin de course.